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Des clics ? Non, des claques...

Le problème avec le Remington 1858, c'est qu'il faut régulièrement changer les cheminées. Un coup de clé, un coup de clic sur internet et un coup de carte bleue pour en acheter des neuves. Et un coup de clé et quelques temps plus tard, re belote. Alors, j'ai regardé mon arme avec sévérité, et je lui ai dit : "Toi, tu me coûtes trop cher en cheminée". Sans surprise, mon arme ne m'a pas répondu.

En fait, si. Mais il m'a fallut être attentif. J'ai pris soin de regarder le chien, son marteau et le bâti. Là, je me suis rendu compte, qu'à l'abattu du chien, le marteau était arrêté par le contact avec une cheminée et surtout que les feuillures autour du marteau n'étaient pas en contact avec le bâti.

Remington 1858, chien, réplique Pietta


Du coup, fi des coups de clé et des coups de clics et de carte bleue, j'ai opté pour un coup de lime.

L'intérêt de ma réplique Pietta est que le métal du marteau est plutôt mou et que les multiples contacts avec les cheminées ont sculpté un petit rond tout à fait visible. J'ai donc entrepris de limer doucement le marteau afin que les feuillures du chien soient en contact avec le bâti à l'abattu du chien en prenant grand soin de garder suffisamment de matière sur le marteau pour qu'il puisse entrer en contact avec l'amorce. Ce qui est quand même un pré requis pour n'avoir pas à cliquer encore sur internet, pour un chien cette fois.

Et les choses sont bien faites, merci les ingénieurs de Remington : cela fonctionne parfaitement.

En fait, cela fait maintenant près d'un demi kilo de plomb que mes cheminées ont envoyé avec succès jusqu'à la cible sans que le marteau n'abîme les cheminées.

Alors, pourquoi en parler maintenant ? Parce qu'un site internet m'a envoyé une pub avec une réduction sur tous les articles. Désolé pour le commerce, mais, cette fois, ce sera sans moi.

Dernier challenge de l'année bis

- « C'est comme au kuch' pour le chargement, c'est pas compliqué. Tu mets un calepin et de la semoule et voilà! Ici, tu as le matériel, le maillet est là, la semoule ici et les calepins sont dans cette petite boîte. »

Oui, dis comme cela, le chargement du Tryon, c'est tout simple. Après Vincent doit avoir déjà tiré huit kg de plomb avec, quant à moi c'est mon premier contact avec la bête.

Vincent désigne en même temps les emplacements dans la caisse en bois où tout est parfaitement en ordre. Au moins, cela donne envie. Mais j'ai à peine le temps de retenir les choses tellement il va vite. Je me concentre, puis je fais la récap' dès qu'il a fini de parler.

Bon, effectivement, si j'arrête de stresser, le chargement est identique à celui du Charles Moore. Le canon est juste plus long !


Tryon Target - Percussion - cal 45
Tryon Target - Percussion - cal 45

L'arme est magnifique (la photo est une illustration, ce n'est pas ce modèle, mais cela donne une idée). Il me tend l'arme, je la prends en main pour découvrir la visée. Ce qui me surprend, c'est le poids : 4 kg et tout dans le canon. On revoit la tenue de l'arme, on refait un point sur la prise de visée.

- « Oh, tu vas faire au moins 80 points ». Là, je me suis permis de négocier : 60 points me paraissent plus raisonnable ! Finalement, on tombe d'accord sur 70 même si je sens bien qu'il n'aime pas mon excès de prudence.

La série Vincennes (Vetterli) va débutée. On se rend sur le pas de tir. Au moins, le 50 m est couvert et chauffé. Par rapport au 25 m, c'est le grand luxe. Je suis inquiet pour la prise en main, la tenue. Je crains de ne pas réussir à stabiliser l'arme et du coup, de tirer n'importe où. Le steicher est une double détente, à l'arrière pour l'armement, à l'avant pour le départ. J'essaie de garder cela en mémoire. Mais ma vraie crainte est de ne pas réussir à terminer les 13 coups dans les temps.

J'installe le matériel, les balles, les dosettes de poudre (2g), les calepins, la semoule et l'entonnoir court, le starter, le  pousse balle. J'oublie de sortir le maillet, et puis ma paillasse ne ressemble à rien. Je décide de tout réorganiser. Bon, là, c'est pas mal sauf que j'ai tout mis pour la main d'un gaucher. Ce que je ne suis pas. Vincent est mort de rire ! Je reprends tout à zéro. Et finalement, j'opte aussi pour les amorces et je les sors de la caisse.

Vincent me donne ses derniers conseils, notamment les deux petits coups sur la balle avec le pousse balle pour bien avoir un son métallique indiquant que la balle est correctement assise sur la charge au fond du canon.

L'arme est verticale, posée devant moi, à mes pieds. La série se tire debout, le bras de la main faible calé sur la hanche, le fût posée sur la main. Je cherche la bonne position et surtout la bonne orientation du corps par rapport à la cible. Je m'entraîne à la prise de visée, au relâchement du souffle, une expiration totale pour un bon tassement du corps, les jambes bien ancrées dans le sol. Je refais les gestes plusieurs fois, en réel et puis mentalement.

Je revoie en silence et juste des yeux la procédure de chargement. Je n'ai pas besoin de faire les gestes, simplement de bien visualiser les objets, l'ordre d'utilisation, leurs emplacements. Mon regard est concentré sur la paillasse et du coup je me rends compte que je dois passer au choix pour un grand psychopathe ou pour une poule qui a trouvé un couteau. Je dois avoir le regard du gars qui se demande ce qu'il fait là.

La série débute. Le premier chargement est complètement désorganisé, je fais au moins deux fois trop de gestes. Du coup, mes craintes concernant la cadence de tir pour rester dans les 30 mn imparties refont leurs apparition.


Je n'arrive pas à trouver la visée. Le vernon, le guidon, la cible. L'arme bouge sans arrêt. Ce n'est pas un cône de visée que j'obtiens, c'est un entonnoir modèle géant. Sur les premiers tirs, je réussis à perdre ma cible de vue ! Je me calme, je me reprends.

6 en haut, puis 6 en haut, enfin quelques 7, mince un nouveau 6.

Vincent à droite et moi-même.

Je me reprends. J'optimise le chargement, tout est plus logique, fluide. Je prends mieux mon temps pour tirer. Un premier 9. Du 8, puis un nouveau 9. Il me reste la 13ème balle. Vincent vient de terminer sa série. Je le vois décaler sa lunette pour regarder ma cible. J'essaie de ne pas en tenir compte. Je lâche le coup.

- « Eh bien, il fallait commence par là !" me lance t'il. Ma visée était bonne, je sais que j'ai fais un bon tir. La position et la prise en main était ok. Et je suis vraiment content de ma dernière visée.

- « J'ai fais quoi ? »
- « Un 10, quasiment pleine mouche ! »
Eh bien ça y est, je souris !

Les résultats m'attribuent 75 points(1) et je suis 9ème sur 12 tireurs. Je suis satisfait du résultat.

Vincent, je te remercie vivement de m'avoir prêté ton arme, de m'avoir fais confiance et d'avoir prodigué tes conseils. 

Merci aux arquebusiers de Fleury les Aubrays et à Nataly pour les photos. 

(1) 1 x 10, 2 x 9, 1 x 8, 3 x 7, 3 x 6


Tendinite

La seule façon de lutter efficacement contre un tennis elbow est de le laisser tranquille.

Lorsqu'il en aura marre de m'empêcher de tirer, il partira de lui-même. C'est très zen comme attitude, cela m'étonne de ma part...

Tant que mon bras bras me fera souffrir et que les armes anciennes pèseront plus de 100 g, je resterai à la maison.

A bientôt donc !






Réglage finalement

J'ai pris mon courage à deux mains : j'ai déporté le guidon du Charles Moore. 

Non que je sois fainéant, mais par crainte de faire une bêtise. J'ai plus que repoussé. On peut dire que sur ce coup-là, j'ai mis tout le monde à contribution. 

Le déclencheur, c'est une phrase de Vincent que mes hésitations ont dû fatigué : « Dans le dix, tu peux mettre six impacts cote à cote ; cela te laisse une bonne marge de manœuvre, non ? » Ah, bah oui, effectivement...

Et je me suis rendu compte de deux choses. La première, c'est qu'il faut que j'arrête de psychoter dès qu'il s'agit de tir et d'armes. Franchement, quand je me suis lancé d'autres défis (perte de poids, course à pied, entreprises), je me suis montré moins timoré. (Et des fois même , un peu tête baissée). 

Si je déplace le guidon de 1 / 10ème de mm, alors je décale mon tir de 1 cm (ma ligne de mire est de 26 cm pour un tir à 25 m). Suis-je capable de contrôler mon tir à bras franc de 1 cm par 1 cm sur la cible ? Non. Donc, même si je me déporte trop le guidon, j'aurai une « bonne marge de manœuvre ».

D'où, étau, chiffon dans les mors, canon dans le chiffon, pied à coulisse et maillet. Déport de plus ou moins 5 / 10ème de mm. Voici le résultat en cible : 


 Avant réglage
 Après réglage.
Ce qui n'est pas évident, c'est que la deuxième série est meilleure que la première, réglage ou pas. D'autre part, il faut que j'arrive à me souvenir de laisser un peu de blanc sur la prise de visée comme sur la deuxième cible. Et cela, c'est un vrai changement d'habitude par rapport au Pietta.

Rasséréné, je suis retourné à l'étau, au chiffon et au maillet et après avoir fait un repère au pointeau sur le guidon, j'ai déporté ce guidon de 2 épaisseurs de trait : 2 / 10ème (?) Quel courage !

La deuxième chose dont je me suis rendu compte, c'est que je ne connais pas les cotes d'une cible C50. J'ai dû en utiliser plus d'une centaine et je ne sais toujours pas comment elle est bâtie. Bravo pour le sens du détail... Ce qui est marrant, c'est que lorsqu'on se penche sur le 10, il paraît très gros : 5 cm de diamètre ! Poser une balle dessus montre qu'il y a plein de place autour. Enfin, sur une table.

En fait, c'est tout simple : du centre vers le cordon, le rayon augmente de 25 mm, soit une zone de 10 de 5 cm de diamètre, une zone de 9 de 10 cm, une zone de 8 de 15 cm. Mais ce qu'il faut que je retienne, c'est 25 mm. 

25 mm pour faire la différence entre un 9 et un 10. Ou un 4 et un 5. C'est ça qui est important. Et je vais y travaillé...



Donald Malson : 80, pas 83

J'en suis à la 10ème cible en Donald Malson* (concours compris) et finalement, les choses vont assez vite.

J'ai respecté les conseils donnés par ceux qui se sont frottés à cette épreuve avant moi, à savoir ... de ne rien changer : ni la charge, ni la visée. J'ai été surpris parce que pour moi, doubler la distance de l'arme à la cible impliquait plus de puissance ou de jouer avec une courbe en cloche. Cet a priori s'explique par une méconnaissance totale de la balistique du Remington, même en réplique. Evidemment, en cherchant un peu, je retrouverais les équations qu'on m'a enseigné sur les paraboles et je pourrais retrouver les paramètres qui les font varier. Mais cela ne me donnerait rien sur la trajectoire d'une balle ronde de Remington, sauf à avoir les conditions initiales du tir (vitesse de sortie de la balle, notamment).

En fait, même si je sais que je peux les faire, ces calculs ne m’intéressent pas : je préfère me laisser guider par l'instinct, l'arme en main sur le pas de tir plutôt que crayon et calculette accoudé à une table. C'est debout que j'irai chercher les points.  

Donald Malson, 50 m, conditions de concours.


Ce qui me plait dans le fait de ne pas changer la visée ni la charge, c'est que l'entraînement au Malson vaut pour Mariette. Je trouve cela pratique. Et puis, rassurant, en fait. Ne rien changer. Ça, c'est détendant et en ce moment j'ai besoin de cela : flâner dans le confort des habitudes.

Évidemment, le score atteint est prometteur 80 points (et non 83 comme un excès d'enthousiasme l'a fait déclarer trop vite). Il y a quand même 5 x 9, nom d'un chien !

Pour la prise de visée, j'ai d'abord posé l'arme sur le haut de la cible, bien dans l'axe, puis je l'ai descendu jusqu'en bas du visuel tout en mettant une pression sur le bout de la queue de détente. Je me souviens bien de cela. En fait, la cible précédente montrait un balayage latéral du 2 au 2. C'est pour cela que j'ai procédé de cette façon pour arrêter d'arroser.

Ma hantise maintenant, parce qu'il faut bien que je m'en crée une nouvelle, serait que ce score ne soit qu'un coup et que je ne sois plus capable de l'atteindre ou de le dépasser. Exactement le même état d'esprit quand au bout d'un an d'entraînement au Mariette, j'avais enfin atteint le score de 83 : une certaine appréhension m'avait enveloppé à partir de ce moment pour enfin disparaître lorsque je réussis à reproduire le résultat puis à le dépasser. 

On  va dire que cela va se passer de la même façon, en tout cas, j'y travaille ...


* tir au revolver, debout, à bras franc, à 50 m.


Contre visée : on change !


J'ai la chance que mon Remington de chez Pietta tire dans l'axe : je n'ai pas eu de décalage latéral. J'ai juste dû régler la hauteur du guidon pour pouvoir prendre une visée 10 m soit en bas du visuel.

Par contre, le Charles Moore a un décalage latéral d'environ 8 cm à gauche. Bernard m'a montré, schéma à l'appui, la façon de prendre en considération ce décalage afin de pouvoir le corriger. Il s'agit de faire le rapport entre le décalage et la distance de tir (25 m) et de faire une règle de 3 avec la longueur de visée pour calculer le déport du guidon ou de la hausse. Dans mon cas, il faudrait déporter le guidon (ou la hausse) de :

pour une distance de 25.000 mm, j'ai un décalage en cible de 80 mm. Comme la longueur de la visée (distance entre les organes de visée) est de 265 mm, le déport du guidon (ou de la hausse) devrait être de 0,85 mm.

Il suffit maintenant de deux choses : d'abord confirmer la valeur du décalage, ensuite, se faire un beau schéma pour être sûr de déporter le guidon (ou la hausse) dans le bon sens.

Je préfère attendre quelques séances.





Contrôle du tir

Lors de mon dernier concours, je me suis efforcé à appliquer les conseils prodigués par de nombreux tireurs expérimentés concernant l'acte de tir : la visée, le lâcher, le contrôle.

J'ai insisté sur ce dernier point et je pense en avoir -enfin, compris l'intérêt. Pour résumer, cela permet finalement de savoir pourquoi on fait les choses : l'aboutissement de tous les bons gestes apparaît concrètement et surtout au-delà de la sanction du résultat sur cible. La contribution de chaque geste est soulignée lorsque le canon remonte puis redescend après le feu.

Ensuite, c'est extrêmement valorisant d'avoir été capable d'annoncer son impact ou au moins la zone d'impact. (Même s'il s'agit d'un 4, curieusement).

D'autre part, les tirs sont mieux séparés les uns des autres, moins enchaînés et ainsi chacun apparaît unique et donc crucial pour le bon résultat. Ce qui fait que je suis plus appliqué pour chacun d’entre eux.

Je me souviens de la première remarque de Vincent au tout début, lorsque j'enchaînais les tirs trop rapidement : « On a l'impression que tu veux de débarrasser de tes balles. »

A l'époque (il y a 10 mois), j'avais compris simplement qu'il fallait tirer plus lentement. Je me rends compte aujourd'hui que c'est très réducteur : il ne s'agit pas simplement d'un changement de cadence, mais d'une densité d'actions qui augmente et qui implique un temps plus long entre les tirs, (sauf à tout faire très vite).

La conséquence est que je gagne en concentration, et c'est appréciable. Cela devrait se traduire en gain de score.

 Et puis, c'est plus amusant !


Le lâcher

Les tireurs d'Alençon m'ont ré affirmés ce que tous les tireurs d'expérience m'ont déjà expliqué à propos de la visée. D'abord des organes de visée toujours nets. Ensuite, apporter un soin particulier au lâcher du coup. Enfin, ce dernier point qui m'apparaitra évident dans son importance dans quelques temps (années ?), à savoir rester en position après avoir fait feu : le canon pointera à l'endroit de l'impact.

Pour la netteté des organes de visée, je trouve cela difficile à appliquer même si je m'y emploie : mais j'ai du mal à ne pas faire d'allers retours entre le couple hausse-guidon et la cible. Peut être un symptôme d'impatience du résultat, comme dirait Vincent. Sinon, sur ses conseils, je vais passer le guidon au marquer noir de manière à bénéficier d'un contraste optimal sur le blanc de la cible.

Pour le lâcher du coup, j'ai entrepris d'améliorer le mécanisme. Le métal de la tête de la queue de détente a tendance à s'émousser, ni plus ni moins. Du coup, régulièrement, je le reprends à la pierre à affûter. Mais cette fois, je suis aller plus loin en polissant les surfaces de contacts (queue de détente et chien, et aussi les surfaces latérales des pièces en mouvement ; pour réduire les frottements acier contre acier). D'autre part, j'ai repris la tête de queue de détente de manière à ce que les arêtes soient nettes et la section soit réellement rectangulaire.

J'ai gagné en souplesse, la course est moins rugueuse et le départ est plus net. Mais, je le trouve toujours trop dur.
 
Rester en position après le tir, je trouve cela compliqué. L'arme monte largement vers le haut et verticalement, ce qui est bon signe. Mais pour l'instant, cela ne me vient pas naturellement.

Allez, il faut que je travaille ce point...


Mémoire du corps

Je parle souvent d'automatismes, de bons gestes, de sensations. Voici un exemple qui va dans le même sens, mais qui m'a extrêmement surpris. 

Lors d'un entraînement, après avoir chargé 5 chambres comme d'habitude, j'ai soulevé l'arme pour la pointer vers la cible. Et là, j'ai eu le sentiment évident que mon bras s'est "souvenu" du geste, du poids de l'arme, de ce qu'il fallait faire pour pour pointer correctement l'arme vers la cible, comme je savais le faire cet été. 

C'est très difficile à expliquer, à décrire :  c'est un moment entièrement pétri d'évidence, de naturel. L'acte de lever le bras, qui est très court, m'est apparu comme un geste qui n'appartenait plus à l'une de mes actions, mais que mon corps avait entièrement pris en charge.

C'est mon bras qui savait, plus moi ! Le bon geste était décidé par mon bras, plus par moi.

C'est finalement l'effet inverse de la surprise du poids de ce que l'on soulève lorsque l'on ne connait pas l'objet. Je suppose que cette mémoire du corps existe dans tous les sports. Je peux la comparer à des sensations proches issues de la course à pied où c'est le corps qui finit par courir de lui-même.

Quoiqu'il en soit, je conserverais ce repère pour les bons gestes du tir.

A moins que j'ai respiré beaucoup trop de poudre et de fumée...


Chargement : la pression

Les balles rondes en plomb doux sont serties dans la chambre du barillet grâce au bourroir et à son levier : un fin copeau de plomb est d'ailleurs créé par l'opération. Ainsi, une pression est exercée sur la balle ce qui a pour effet de tasser la balle sur la semoule et de tasser la semoule sur la poudre noire qui se tasse elle-même contre le fond de la chambre du barillet.

L'un des secrets de la constance de la précision du tir réside en une pression égale exercée sur chacune des balles.

On peut contrôler la justesse de son chargement en vérifiant que l'affleurement des balles de chaque chambre est uniforme (1 à 2 mm dans l'idéal). Je le fais systématiquement avant de poser le joint de graisse.

On peut aussi repérer l'angle du levier du bourroir lorsqu'il a assit la balle sur la semoule et chercher à ré- utiliser toujours cet angle. Mais ce n'est pas très simple à faire.

D'ailleurs, moi, je ne le fais pas.

Faire feu

Dans l'acte de tir, il y a  ... le tir lui-même : le bruit, la fumée, la sensation. C'est quand même pour cela que je suis sur un pas de tir 2 à 3 fois par semaine.

Alors il est tout à fait possible de faire comme de nombreux tireurs que Dominique estime à 80% (ce qui est peut être exagéré) : charger, viser, tirer, recommencer et changer de cible. Se défouler. Et pourquoi pas ?

Maintenant, vu les contraintes de la poudre noire (préparation des doses à la maison, chargement, tir, nettoyage de l'arme surtout), cela peut concerner des débutants qui ne vont pas plus loin et qui trouveront leur bonheur dans un semi automatique. Pour moi, la performance ou le plaisir ne se mesure pas en nombre de boites de munitions vides, mais chacun son truc. Et puis, j'avoue, de temps en temps, je me défoule avec un petit 22 LR semi automatique.

Voilà la synthèse de ce que j'essaie d'appliquer à chaque tir après  m'être installé dans la bonne position :


Le décalage à gauche de la cible des impacts vient d'une mauvaise position. Je m'en rends compte très vite, mais j'ai pris la décision de ne pas corriger suite aux premiers tirs. Cette fois, je voulais un groupement qui ressemble à quelque chose.
 

D'abord, la respiration

1.    Inspiration forte, exagérée, puis expiration exagérée. Blocage du souffle. Le temps disponible est de 4 à 5 secondes pour tirer.
2.    Si ce temps est dépassé, reprendre la visée et le souffle. Sinon, le risque est de trembler sous l’effort de la tenue de l’arme à bout de bras.

Ensuite, la visée

1.    Alignement de l’œil, des organes de visée et de la cible. Ce sont ces quatre éléments qu’il faut aligner. La mise au point de l’œil ne permet pas une netteté à la fois de la cible et des organes de visée. Ces derniers doivent toujours être nets.
2.    Repère de visée : le point de visée est le bas du visuel, en laissant une marge de blanc entre le point visé et le noir de la cible.
3.    Effet d’optique dû à la chaleur : à ce jour, je ne maitrise pas ce point. Je reviendrais dessus dès que j'en aurai compris les implications.
4.    Le guidon se déplace à l’intérieur d’un cône que matérialise la taille du groupement des impacts. Il ne faut pas chercher à supprimer ce mouvement du guidon mais à l’apprivoiser, puis à le réduire. Il ne disparaîtra jamais tout à fait.

Enfin, le lâché du coup

1.    La pression exercée par l’index sur la queue de détente doit être régulière, progressive, sans à-coup.
2.    Elle doit être exercée de l’avant vers l’arrière, pas vers le coté.
3.    On entend souvent dire que le tireur doit être surpris par le départ du coup (de feu). Je ne suis pas trop à l'aise avec cette expression notamment lorsque l'on débute. Elle amène à penser que le tireur est passif et que l'arme finalement décide de tirer. Pourtant, c'est au tireur de gérer le départ du coup et il doit être très actif pendant toute la procédure. Mais c'est mon avis et que mon avis.

Le contrôle du guidon

1.    Après le départ du coup, rester en position de tir en observant le mouvement du guidon : il doit remonter verticalement, sans être décalé vers la gauche ou la droite.
2.    Il est possible aussi de laisser le bras revenir à sa position au moment du tir. L'impact se trouvera à l'endroit visée par l'arme.

L'annonce

Devenir capable d’annoncer son impact, d’abord s’il est bon ou mauvais, ensuite sa place sur la cible. aujourd'hui, même si je m'attache à ce point, ce n'est pas maitrisé.

L'enchaînement

La position du corps doit être bonne, la tenue en main de l’arme doit être contrôlée, la visée doit être conforme, la respiration doit être maîtrisée, le lâcher du coup doit être juste.

Et si on y travaille, c'est que l'on a du boulot ...

Les outils ? à leur place !

J’ai maintenant une lunette pour visualiser les impacts sur la cible, donc plus besoin d’embêter les gars sur le pas de tir pour aller voir les points.

C’est un cadeau de noël d’Étienne et j’en suis bien content : grossissement x 20 par 60. C’est très bien pour le 25 m, en cal. 36 qui plus est.

Cela demande un peu d’habitude et puis rapidement, on ne peut plus s’en passer. A tel point, que je me suis fait violence pour arrêter de regarder de façon systématique des impacts se voyant bien à l’œil nu.

Une fois encore : matériel, matériel, quand tu nous tiens.


Tenue en main

Mon arme, une réplique du Remington New Army, est donc une arme de poing et plus précisément un revolver. La différence entre pistolet et revolver est simplement que sur les revolvers, il existe une pièce tournante, le barillet. Si cette pièce n'est pas sur une arme de poing, alors c'est un pistolet.

Ce qui est important, c'est la prise en main, la façon de tenir l'arme. Par la crosse, c'est un bon début, mais en général, la main tenant l'arme n'est pas positionnée comme il le faut (trop basse) et du coup, le tireur trouve à juste titre que la crosse est trop petite pour sa main.

Certains en conclut qu'à l'époque, les gens avaient donc des mains plus petites (vraiment entendu sur le pas de tir). En fait, le Remington New Army est une arme de la guerre civile américaine et donc du XIX ème siècle...

Si la crosse parait petite, c'est que la main n'est pas au bon endroit. Voici la façon dont je tiens mon arme, selon les conseils des tireurs d'expérience et adaptés à la taille de ma main :

1.    Tenue de la crosse à trois doigts sans serrage excessif : la sensation est une présence de la crosse dans son ensemble sans sentir le détail des plaquettes. Le majeur se cale dans le creux du pontet contre la crosse. Les premières phalanges du majeur et de l’annulaire ainsi que la deuxième phalange du petit doigt sont contre le métal de la carcasse, entre les plaquettes. Ces trois doigts sont collés les uns contre les autres. L’arme doit tenir en main sans le pouce ni l’index.

2.    L’axe du canon doit prolonger l’axe du bras. La tête peut s’incliner légèrement au besoin.

3.    Pouce libre : posé sur le haut de la plaquette, partie saillante du bois ou posé contre le bouclier.

4.    Index : à l’extérieur de l’arme, la pulpe de l’index venant s’appuyer contre la queue de détente, en bas de celle-ci.

5.    Le plan vertical de l’arme doit correspondre au plan vertical naturel et ne pas être incliné vers la droite ou la gauche.

Personnellement, pour rendre cette prise en main automatique, j'avoue que je me suis entraîné devant la télé à la maison (arme non chargée évidemment). Car cette prise en main n'est pas évidente. Un bon indicateur est que le chien en position armé doit toucher le dos de la main (entre le pouce et l'index).

Par la suite, une fois habitué, je n'arrive plus à tenir mon arme autrement. Mais j'ai compris que c'est un passage obligé pour le tireur qui veut faire du point mais qui surtout veut progresser.

Et comme c'est mon cas, j'y travaille...




Score et cible

Points :

lors du comptage des points, on procède dans la même idée que pour les fléchettes. La cible est constituée de cercles concentriques numérotées de 1 à 10, le 10 étant au centre et possédant une sous zone, la mouche. Les zones sont séparées par des traits appelés "cordon". Les zones sont blanches de 1 à 6 points, noires de 7 à 10.

Cibles :

pour ma discipline, les cibles sont des C 50, soit un carré de carton de 50 cm de coté. La distance est de 25 m.

Comptage des points :

Chaque impact est doté du nombre de points de la zone dans la quelle il est. Si un impact touche un cordon (il est entre deux zones) alors il est doté des points de la zone qu'il touche le plus (plus de la moitié du diamètre de l'impact).

En concours, 13 coups sont tirés, les 3 moins bons sont éliminés du comptage, les 10 meilleurs sont totalisés.

 Le score maximal est donc de 100 et les scores sont donc sur 100.

Mental

La position du corps doit être contrôlée, la tenue en main de l’arme doit être bonne, la visée doit être conforme, la respiration doit être maîtrisée, le lâcher du coup doit être juste.

Il ne faut pas céder à l’impatience du résultat. Le résultat ne sera pas bon si l’on veut le connaître avant d’appliquer correctement tous les bons gestes au bon moment. « Il faut oublier la cible... » dit Vincent.

L’important est d’abord le groupement, puis sa taille, puis sa position dans la cible, dans le 8, puis dans le 9. « On ne cherche jamais à grouper dans le 10 ». Il ne faut pas tenir compte des erreurs flagrantes (dans le blanc, par exemple) ou en dehors du groupement général.

Je dois partir du principe que le chargement est pertinent et constant, que les balles sont rondes et régulières, que l’arme tire juste. C’est d’abord au tireur qu’incombe les fautes ou les irrégularités.

Par hypothèse, l’arme est bonne et le tireur en apprentissage.



Position du corps

C'est sans doute la leçon la plus importante et pour laquelle j'ai eu le plus de conseils. En fait, ce n'est même pas la peine de chercher à faire du point si cette partie n'est pas maitrisée ou pire reste approximative. J'en sais quelque chose, j'ai passé 8 ou 10 semaines à retrouver celle qui m'avait tant convenu l'été dernier. Simplement parce que je ne l'avais jamais repérée. Aujourd'hui, je pense avoir retrouvé les paramètres aussi autant les écrire.

Voici ce que j'en retiens :

1.    Tendre les deux bras en fermant les yeux sans faire d’effort. Repérer l’angle formé par le bras et le thorax : c’est cet angle que doit avoir le bras lorsqu’il est tendu vers la cible. L’épaule comporte 8 muscles qui doivent tous être au repos. Le coude du bras tendu vers la cible est verrouillé mais sans excès.

2.    L’emplacement des pieds est repéré par rapport à une ligne imaginaire issue de la normale à la cible et passant par le bras droit du tireur. Le bras tenant l’arme est relevé vers la cible, les yeux sont fermés : le guidon doit naturellement être posé sur l’axe vertical de la cible. Si ce n'est pas le cas, l’angle du thorax et du bras ne doit pas être modifié : il faut adapter la position des pieds. La meilleure image que je dois à Serge et à Étienne : C’est comme si le corps était un arbre et que le bras tendu était une branche morte. C’est tout le corps qui doit effectuer une rotation dont le pivot est le pied droit. Une fois la position des pieds trouvée, ils restent assignés à cette place tout au long de la séance de tir et ne doivent plus bouger. (Vincent)

3.    Pour moi, la position générale retenue est un engagement de profil de l’ensemble du corps et non un trois quart face à la cible. Le pied gauche est à 90° de l'axe de la cible, le pied droit à 45°. Les pieds sont quasiment l’un derrière l’autre par rapport à la cible.

4.    Assise générale du corps : tassé, calé sur les jambes. L’ensemble du corps est très légèrement penché vers l’avant, et comme en tension dynamique.

5.    Bras gauche : main dans la poche, relâché. La main gauche sert uniquement à évacuer les débris d’amorces et à remettre le chien en position armé.

Certains tireurs ont un petit carnet pour noter ces repères. De ce point de vue, Dominique est exemplaire : il consigne tous les paramètres de chacune de ses armes et peut s'y référer au besoin. Je le soupçonne même de relire son carnet de temps en temps pour se détendre !

Vincent et Étienne m'ont incité à en rédiger un. C'est un peu ce que je fais avec ce blog, mais en moins pratique pour le pas de tir. J'ai longtemps cru que cela serait principalement utile lorsque l'on tire avec plusieurs armes, ce qui n'est pas encore mon cas.

Cela viendra sûrement, en tout cas, on y travaille...

 

C'est pas de ma faute ?!

Après plusieurs séances décevantes, j’ai effectué ma première série sans lunette de protection (ce qui est une faute grave, mais bon, je ne recommencerais pas). J'ai simplement oublier de les chausser. Et du coup, comme j’ai sorti un score de 90, j’ai cru que mes lunettes de protection m'handicapaient les fois précédentes, ce qui est perturbant quand on tient à la sécurité (et accessoirement à ses yeux).

Heureusement, la deuxième série est montée à 91 et avec les lunettes cette fois.

Alors lunettes ou pas lunettes ? Lunettes évidemment car je ne me risquerai à prétendre à des bons scores au péril de mes yeux ! J’ai quand même des priorités.

Mais, cela prouve bien que l’essentiel, ce n’est pas l’équipement mais le tireur et que le tireur doit avoir confiance dans ses bons gestes. Comme dit ma grand mère, le mauvais ouvrier a toujours de mauvais outils.

Ce n’est pas si simple d’être responsable de ses actes, mais on y travaille…