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Dernier challenge de l'année bis

- « C'est comme au kuch' pour le chargement, c'est pas compliqué. Tu mets un calepin et de la semoule et voilà! Ici, tu as le matériel, le maillet est là, la semoule ici et les calepins sont dans cette petite boîte. »

Oui, dis comme cela, le chargement du Tryon, c'est tout simple. Après Vincent doit avoir déjà tiré huit kg de plomb avec, quant à moi c'est mon premier contact avec la bête.

Vincent désigne en même temps les emplacements dans la caisse en bois où tout est parfaitement en ordre. Au moins, cela donne envie. Mais j'ai à peine le temps de retenir les choses tellement il va vite. Je me concentre, puis je fais la récap' dès qu'il a fini de parler.

Bon, effectivement, si j'arrête de stresser, le chargement est identique à celui du Charles Moore. Le canon est juste plus long !


Tryon Target - Percussion - cal 45
Tryon Target - Percussion - cal 45

L'arme est magnifique (la photo est une illustration, ce n'est pas ce modèle, mais cela donne une idée). Il me tend l'arme, je la prends en main pour découvrir la visée. Ce qui me surprend, c'est le poids : 4 kg et tout dans le canon. On revoit la tenue de l'arme, on refait un point sur la prise de visée.

- « Oh, tu vas faire au moins 80 points ». Là, je me suis permis de négocier : 60 points me paraissent plus raisonnable ! Finalement, on tombe d'accord sur 70 même si je sens bien qu'il n'aime pas mon excès de prudence.

La série Vincennes (Vetterli) va débutée. On se rend sur le pas de tir. Au moins, le 50 m est couvert et chauffé. Par rapport au 25 m, c'est le grand luxe. Je suis inquiet pour la prise en main, la tenue. Je crains de ne pas réussir à stabiliser l'arme et du coup, de tirer n'importe où. Le steicher est une double détente, à l'arrière pour l'armement, à l'avant pour le départ. J'essaie de garder cela en mémoire. Mais ma vraie crainte est de ne pas réussir à terminer les 13 coups dans les temps.

J'installe le matériel, les balles, les dosettes de poudre (2g), les calepins, la semoule et l'entonnoir court, le starter, le  pousse balle. J'oublie de sortir le maillet, et puis ma paillasse ne ressemble à rien. Je décide de tout réorganiser. Bon, là, c'est pas mal sauf que j'ai tout mis pour la main d'un gaucher. Ce que je ne suis pas. Vincent est mort de rire ! Je reprends tout à zéro. Et finalement, j'opte aussi pour les amorces et je les sors de la caisse.

Vincent me donne ses derniers conseils, notamment les deux petits coups sur la balle avec le pousse balle pour bien avoir un son métallique indiquant que la balle est correctement assise sur la charge au fond du canon.

L'arme est verticale, posée devant moi, à mes pieds. La série se tire debout, le bras de la main faible calé sur la hanche, le fût posée sur la main. Je cherche la bonne position et surtout la bonne orientation du corps par rapport à la cible. Je m'entraîne à la prise de visée, au relâchement du souffle, une expiration totale pour un bon tassement du corps, les jambes bien ancrées dans le sol. Je refais les gestes plusieurs fois, en réel et puis mentalement.

Je revoie en silence et juste des yeux la procédure de chargement. Je n'ai pas besoin de faire les gestes, simplement de bien visualiser les objets, l'ordre d'utilisation, leurs emplacements. Mon regard est concentré sur la paillasse et du coup je me rends compte que je dois passer au choix pour un grand psychopathe ou pour une poule qui a trouvé un couteau. Je dois avoir le regard du gars qui se demande ce qu'il fait là.

La série débute. Le premier chargement est complètement désorganisé, je fais au moins deux fois trop de gestes. Du coup, mes craintes concernant la cadence de tir pour rester dans les 30 mn imparties refont leurs apparition.


Je n'arrive pas à trouver la visée. Le vernon, le guidon, la cible. L'arme bouge sans arrêt. Ce n'est pas un cône de visée que j'obtiens, c'est un entonnoir modèle géant. Sur les premiers tirs, je réussis à perdre ma cible de vue ! Je me calme, je me reprends.

6 en haut, puis 6 en haut, enfin quelques 7, mince un nouveau 6.

Vincent à droite et moi-même.

Je me reprends. J'optimise le chargement, tout est plus logique, fluide. Je prends mieux mon temps pour tirer. Un premier 9. Du 8, puis un nouveau 9. Il me reste la 13ème balle. Vincent vient de terminer sa série. Je le vois décaler sa lunette pour regarder ma cible. J'essaie de ne pas en tenir compte. Je lâche le coup.

- « Eh bien, il fallait commence par là !" me lance t'il. Ma visée était bonne, je sais que j'ai fais un bon tir. La position et la prise en main était ok. Et je suis vraiment content de ma dernière visée.

- « J'ai fais quoi ? »
- « Un 10, quasiment pleine mouche ! »
Eh bien ça y est, je souris !

Les résultats m'attribuent 75 points(1) et je suis 9ème sur 12 tireurs. Je suis satisfait du résultat.

Vincent, je te remercie vivement de m'avoir prêté ton arme, de m'avoir fais confiance et d'avoir prodigué tes conseils. 

Merci aux arquebusiers de Fleury les Aubrays et à Nataly pour les photos. 

(1) 1 x 10, 2 x 9, 1 x 8, 3 x 7, 3 x 6


Dernier challenge de l'année


J'ai fini d'installer le matériel. On est quatre tireurs pour 15 postes sur le 25 m. Vincent a raison, les tireurs passent tous à l'arme d'épaule. Ma lunette est en train de rendre l'âme, baissant la tête sans arrêt. Je n'arrive pas à la serrer. Ce n'est pas grave. Le Charles Moore est bien calé dans ma main. La poignée en forme de poire est au creux de ma paume. J'ai l'impression de retrouver mes sensations tout de suite. Les premiers tirs restent compliqués, cela fait près de trois mois que je n'ai pas tiré et cela se ressent sur la cible. La douleur au bras est très légère, mais je sais qu'elle va s'accentuer avec l'effort. 

Fleury les Aubrays -  Boutet, puis Le Mat. 29ème challenge amical. 29 ans, fichtre !

Je me suis décidé à y aller parce que Vincent m'a proposé de co voiturer. Bah, du coup, oui : c'est deux heures, deux heures et demi de route pour rallier la banlieue d'Orléans. Et puis, il me propose de me prêter une arme pour tirer en Véterli (arme d'épaule, percussion, 50 m). Ah, bah, re-oui ! Il a pleins d'arguments décidément.

Après, bien sûr, il y a 4 heures et demi de voiture en tête à tête et, ça, ça peut être tragique. Vincent n'est pas du genre très bavard. En tout cas, pas avec moi. Ça m'arrange : dans ma vie, j'ai déjà essayé d'être très bavard, mais je n'y arrive pas. 

On range les armes dans son Expert et dans le froid en départ du Mans à 07 heures zéro zéro. Ça blague pas. La voiture est nickel, parfaitement rangée, chaque chose à sa place. J'aime bien. Le bazar, ça me stress. Et de faire la route avec mon mentor, je n'ai pas besoin de stress supplémentaire.

Ce qui est bien, c'est que l'on peut être silencieux sans être mal à l'aise. Du coup, personne ne se sent obligé de meubler les silences et parfois, le silence, c'est bien. La conversation s'enroule autour des armes, des challenges, de l'expérience. Et puis, finalement autour de ce que chacun fait à l'extérieur du stand. Depuis le temps que l'on se côtoie sur le stand, il faut bien que l'on fasse connaissance. 

Mon premier tir est un 10. Franchement, je n'aime pas ça. Mais du coup, cela me rassure : mon Charles Moore n'est pas si mal entretenu que cela et je ne suis pas si rouillé. Je prends beaucoup de plaisir à retrouver les automatismes du chargement : poudre, semoule, calepin, balle, maillet, starter, pousse balle, deux petits coups sur la balle pour vérifier à l'oreille que la balle est bien calée sur la semoule. Comme me l'a appris Vincent.

Amorce sur la cheminée. Le bras bien tendu, le coude verrouillé. J’enchaîne les 9. Je finis par regretter de n'avoir pas plus de 10. Je fais deux 8. Ça m’apprendra à n'être pas humble. Je me reprends. Et je mets deux 10 en maîtrisant les bons gestes aux bons moments. Même si je sais que je n'aurai pas de podium, le résultat me convient : 91 points (1). Vu le contexte, tendinite, 6 mois d'entrainement. Ça me va. Je suis 5ème sur 17 tireurs.

J'enchaîne en Le Mat. C'est la catastrophe. Je suis incapable de stabiliser l'arme. Je sors du 6, du 7 du 8. L'arme pèse des tonnes.

C'est vers 18 heures 30, dans la voiture, alors que l'on traversait un énième village sans charme de la route d'Orléans, avec cette nuit tombante qui enveloppe tout, que j'ai compris pourquoi j'ai raté mon Le Mat. Ma prise en main était bonne, bien haute. Lorsque Vincent a évoqué ce point pour comprendre pourquoi mon score était si faible, je regardais la marque sur mon empan qu'avait laissé le chien à l'abattu. Je sais que ma prise en main était bonne.

C'est la position de mon corps qui était mauvaise. J'étais trop face à la cible. Pas assez de profil. Décidément, le silence a du bon. On peut réfléchir et revivre les 13 coups portés en cible. Je sais que mon défaut de points vient de là : pas assez de profil et pas assez en tension dynamique. Trop mou, quoi.

92 points pour le gagnant Le Mat du week-end. Bravo à lui. Mais c'est à ma portée, je l'ai déjà démontré. Et je reviendrai à ce score.

Vincent est au 50 m. Comme il me l'a dit, il a loué son emplacement pour la journée. Et quelle journée !

Je retourne à l'accueil. Pour moi, la matinée est terminée. Il est 11 heures et demi. Je regarde un tireur au 10 m. C'est un pas de tir particulier. Lorsque Vincent me l'a fait visiter, il a bien insisté sur les retour vidéo sur chaque poste de tir ! C'est impressionnant. Le stand a en fait servir de stand d'entrainement pour les JO. J'ai oublié l'année. C'est extrêmement carré, propre, sous contrôle. J'aime bien.

Le tireur fait de la vitesse. 5 tirs en 20 secondes, je crois. Stéphane m'a conseillé cette épreuve. Je sais bien que je dois passer par le 10 m. J'irai. Le gars fait 3 cibles sur 5. A chaque fois. Je me dis qu'il doit être difficile de se détacher du résultat précédent pour refaire les bons gestes aux bons moments suivants. Décidément, le tir, c'est riche. Je n'ai pas fini d'apprendre. Au moins, cette pensée me fait sourire.

Je ne sais pas trop quoi faire en attendant Vincent. Je n'arrive pas à me mêler aux autres. J'attends le repas. On verra bien.


(1) 3 x 10, 5 x 9,  2 x 8 ; 91 points.

C'est aussi ça, les armes anciennes

Je reviens d'un challenge interne à mon deuxième club. A coté des départementaux, des régionaux, des challenges locaux, les armes anciennes peuvent aussi s'exprimer avec une organisation plus légère et dans un esprit moins compétitif et plus participatif.

Par définition, seuls les tireurs inscrits au club peuvent y participer (1) ou au moins validés leur score pour le classement. Il s'agit de mon deuxième club. En fait, j'y ai débuté le tir il y a un peu plus de deux ans maintenant et j'ai migré vers mon club actuel pour plusieurs raisons : proximité (ça joue bien sûr) mais aussi la volonté de rencontrer des tireurs expérimentés en poudre noire.

Je suis resté cependant fidèle et je tiens même quelques permanences le mercredi, quand je peux le faire. J'ai toujours apprécié d'être sur le pas de tir ce jour-là, parce qu'il y a moins de monde en général, et donc des échanges plus détaillés avec les tireurs présents. 

Cela m'est même arrivé d'être seul au 25 m. Et le stand privé, c'est quand même confortable !

Donc, bien sûr, je suis présent comme l'an dernier pour ce challenge interne. Ce que j'aime bien c'est le pourquoi Dominique a mis en place ce challenge : proposer un temps au club où tous ceux qui possèdent des répliques d'armes anciennes, c'est-à-dire un grand nombre de tireurs, pensent simplement à les sortir de leur boite et retrouvent ainsi le plaisir de tirer avec. L'ambition n'est pas le score, ni même le classement, mais d'abord la volonté de mettre en avant une discipline de tir où beaucoup ont débuté mais délaisse au profit des armes modernes. 

Le règlement permet de tirer au 25 m dans deux catégories, kuchenreuter et Mariette. Mais comme tout le monde n'est pas familier des noms des catégories, c'est simplement répliques de pistolet et/ou réplique de revolver (2). Les cibles, numérotées et validées par le permanent, peuvent être rachetées (5 euros les 3) autant de fois que le tireur le souhaite. Et les jours de challenges sont au nombre de 6. Outre un moyen sympa de faire vivre le club, cela évite élégamment le stress de la cible unique du concours, et permet à chacun(e) de revenir au pas de tir pour tenter d'améliorer son score. Le tout en profitant au besoin de conseils avisés que pourront prodiguer Dominique ou Serge, par exemple. Finalement, cela désacralise et c'est bien là la volonté.

Enfin, le gagnant repartira avec un magnifique trophée qu'il ne gagnera que s'il est premier deux années de suite. Ça pimente le déroulée de la chose (3).

Le tout est duplicable dans tous les clubs qui n'ont pas encore leur challenge armes anciennes : il suffit que quelques uns se dévouent pour le comptage et qu'un tireur au moins puisse organiser. C'est un tremplin vers le challenge ouvert à tous, ce qui est la volonté de Dominique et aussi d'Etienne, l'actuel président.

Pour ma part, j'y retourne Samedi pour tenter d'améliorer mon 89 en pistolet, et faire mes deux ou trois cibles en revolver.

Un grand merci à Dominique qui est bien occupé dans son boulot en ce moment, mais qui reste fidèle au poste au club.


(1) Bravo Stéphane.
(2)  « Ah, ça existe les pistolets en poudre noire ? », entendu sur place. On ne se moque pas, cela veut juste dire que Dominique a mille fois raison et qu'il faut continuer à promouvoir les armes anciennes. On y travaille...
(3) L'an dernier, Dominique est premier en pistolet, et moi-même premier en revolver. C'était la première fois que j'étais premier en armes anciennes. A l'époque, je n'avais pas encore le Charles Moore pour concourir en pistolet. A suivre...




Concours : encore ?

Concourir, c'est consacrer du temps, de la préparation, de l'argent, de l'entraînement en-veux-tu-en-voilà, des déplacements le week end, une dose de frustration teintée d'admiration à la lecture des classements quand on n'est pas premier, mais 3ème, 4ème, 5ème, 22ème, et on est rarement premier, sauf certains tireurs, et là, admiration, respect ... Et, de retour dans la voiture, caparaçonné, s'abreuver de « Je m'en fous, j'y arriverai », et l'on y travaille et l'on y travaille encore...

Concourir, c'est constater ses erreurs sur le pas de tir, quand c'est trop tard pour y remédier, avec ce petit déchirement du « Si j'avais su ». C'est se condamner à faire des erreurs devant les autres, devant tous les autres, ceux qui tirent, ceux qui ne tirent pas, ceux qui regardent.

C'est surtout ramener du travail à la maison, pour analyser ses erreurs avec du recul, pour ne plus se faire prendre, et pouvoir appliquer les solutions trouvées tout seul comme un grand ou issues d'une recette communiquée par un tireur d'expérience. 

Concourir, c'est être contraint au pragmatisme, à la réalité, à la matière qui ne se laisse pas capturer, aux gestes qu'il faut dompter sous l'effort, à la mécanique toujours récalcitrante, mais qu'il faut apprivoiser, comprendre, respecter. C'est revenir au pas de tir, revenir quand même, même si on s'est planté, même si l'on a tiré n'importe où, dans le blanc, dans le bois, dans la table. Concourir, c'est devenir responsable de ses erreurs.

C'est savoir entendre les conseils avisés des tireurs d'expérience, c'est savoir créer un terrain favorable à l'échange avec les autres, c'est être capable de faire le tri parmi tous les conseils prodigués. C'est être conscient que les recettes miracles n'existent pas ou plutôt qu'elles ne sont miraculeuses que pour un tireur parmi tous. Que c'est à soi-même de créer son petit miracle en le rendant duplicable.

C'est aussi découvrir un monde de passionnés qui n'ont que la volonté de partager pourvu qu'avec un peu d'empathie l'on soit capable de se tourner vers eux pour comprendre leur monde. C'est découvrir « en vrai » des modèles d'armes connus grâce à un catalogue ou à un bouquin, c'est pouvoir approcher des armes inaccessibles pour soi, dans l'année ou dans la décennie à venir, et d'avoir le droit d'y toucher quand même en écoutant son propriétaire en parler. C'est voir des armes d'origine dont leurs répliques finiraient par faire oublier l'existence à force d'omniprésence sur tous les stands et chez tous les armuriers. C'est s'offrir le luxe de s'émerveiller.

Concourir, c'est 13 tirs par séries. En 30 minutes. Mais ça, c'est presque annexe...



Châteaudun : kuch' et Mariette

Non, Donald Malson, y'a pas à Châteaudun. On m'explique que le club n'a pas beaucoup de moyens (1) , du coup, les séries seront tirées sur une seule cible et pas deux. Ça faisait longtemps que je m'avais pas tirés mes séries en concours sur une cible. 

L'ambiance est particulière car il y a un concours TAR (2) en même temps et sur le même pas de tir, au 25 m. Les séries sont alternées entre armes de guerre et armes anciennes. Toute l'organisation repose sur 4 bénévoles, que tous les tireurs peuvent remercier. Sans eux, pas de concours, ni à Châteaudun, ni ailleurs d'ailleurs. Alors, oui, merci.

N'empêche, l'ambiance est bonne, il y a même plus de tireurs que d'armes anciennes, et celles ci sont prêtées de bon cœur ce qui permet au concours de vivre et au club d'avoir quelques inscriptions de plus.  

On commence :

Tout le monde est invité par l'arbitre à commencer par Kuchenreuter, sauf ceux qui commencent par Mariette visiblement, mais c'est pas grave, au final chacun s'y retrouvera. L'avantage est que l'on reste sur le même poste pour les deux séries qui seront enchaînées, au moins la lunette est réglée une bonne fois. Sinon, je signale discrètement juste avant le départ du tir que je n'ai toujours pas de cible correspondant à mon poste, mais c'est très vite arrangé.

Très content de moi, j'avais prévu un petit serre joint pour fixer la planchette de rangement à la table. Sauf que, avec les tables de Châteaudun, on ne peut pas. Ce n'est pas grave, en attendant que tout soit prêt, je regarde ma paillasse pour m'apercevoir que j'ai tout sous la main, juste comme il faut. Je me congratule vivement d'être aussi bien organisé...

Je suis le seul à flamber une balle avant la série (que j'ai bien sûr annoncé). Déjà que flambant deux amorces, mes voisins ont cru que j'avais un problème technique, je ne suis pas sûr du coup d'avoir été compris de tout le monde. Mais pour une fois que je suis totalement à l'aise avec le matériel ...

J'ai décalé le guidon du Charles Moore la veille et je dois m'appliquer au mieux sur ma première balle. Belle application en effet, je place un 10, pleine mouche. Je considère que l'arme est bien réglée mais j'aurais préféré avoir à progresser plutôt que d'être contraint à faire aussi bien. Je trouve plus facile de s'améliorer que de rester stable à très haut niveau. 


Les 10 impacts avec le doublé du 8 à midi, Kuchenreuter.
Je suis content, satisfait du résultat. C'est le deuxième mois d'entraînement avec cette arme. Je soupçonne un doublé que je ne signale pas mais qui sera compté comme tel. Tout va bien : 91 points, c'est pour l'instant mon record en concours et à l'entraînement avec le Charles Moore. Mais, je garde en tête que Claude a fait 95 points en concours et 97 en entraînement avec cette arme. Mon groupement fait 9 cm par 9 cm. Je tire toujours un poil haut, du coup, j'ai des 8 en goguette.

Mariette arrive : 

Changement de cibles pour tous, remplacement des calepins par la graisse, changement de boulets et d'arme. Je trouve ça très pratique d'enchaîner les séries.

Drôle de Mariette : beau groupement, petit score (82 points).

Les 10 impacts en Mariette. C'est fatigant les photos floues.

Puisque le groupement est bon, je pense que le problème vient de la position générale du corps. Ou peut être du Tennis elbow qui s'est réveillé. Je n'ai pas pu tendre mon bras comme je le voulais, pour ne pas subir la douleur et du coup, mon corps était trop face à la cible. Il aurait fallut peut être que je me place complètement face à la cible, mais je ne suis pas à l'aise dans cette position. Je considère que c'est une cible d'entraînement : le groupement est bon, tant pis pour sa localisation. J'ai quand même un H + L de 9 par 10 cm.

Miracle : 

Je n'ai pas eu d'incident de tir, ni de chargement avarié, ni de trucs qui tombent ou de machins qui se cassent. Ou, en fait, si, mais à chaque fois, j'ai eu la réponse appropriée au problème posé. Mon dieu, c'est l'expérience ! Hurrah ... Je suis sauvé.

J'ai hâte d'aller au prochain concours pour reprendre en main ce Mariette qui me joue des tours. Et je vais y travailler dès lundi, non mais ! 


(1) Club municipal : cause à effet ? Ou pas. En tout cas, 
les gars de Châteaudun ont les plus belles toilettes
de tous les clubs de tir que je connais. 
(2) Tir aux Armes Réglementaires : armes de guerre.


Pensées spéciales pour Stéphane.


--------------- MAJ ------------------

Je termine 3ème en Kuchenreuter sur 22 tireurs ; le premier et le second établissent le beau score de 92 points. Pour Mariette, je suis 7ème sur 23 tireurs, le premier finissant avec 88 points.


Régionaux : Mariette

Je rejoins le pas de tir. Je connais maintenant mes scores des deux séries précédentes (74 points en Malson et 90 points en Kuchenreuter). En kuch, ça va, je suis content.

Mais je n'irai pas au championnat de France, en Malson, là où j'avais quelques ambitions. A 1 point près. C'est bizarre, à 4 jours d'intervalle, comme les choses paraissent plus anodines, moins aigües. Le « bon, tant pis, j'irai pas au France cette année, juste 1 point qui manque ».

Claude m'a dit aujourd'hui qu'en fait il fallait le temps d'en faire son deuil. Lui aussi a déjà raté une qualification pour 1 point. C'est un peu ce que je ressens.

Et là dessus, je pourrais faire un post gentillet, du genre, « Oh, mais c'est un bon score ça, 74 points au Malson. Dis donc, c'est 50 m quand même, c'est drôlement loin, et puis tu ne tire que depuis 2 ans. C'est sûr, quel progrès ! Tu dois être content. »

Tu parles ! Samedi, j'oscillais entre la rage et le désespoir. En cartoon, je me serais arraché les cheveux et tirer la langue tout seul. Oh, merde, 1 point... mais c'est pas vrai !!! Je sais que je me suis parfaitement concentré 3 tirs sur 4. Et le quart restant, je me suis mis à penser au France et au score. Exactement ce qu'il ne fallait pas faire. Incapable d'oublier la cible pendant un quart du temps. Et au fait que je ne sortais pas de 9 mais des mornes 8 tout plats. Et pas de 10.

« Le bonheur est dans l'acceptation » disent les bouddhistes. Eh bien qu'on m'amène un bouddhiste pour je lui explique ce que j'en pense de son machin de phrase à la c...

Mais 4 jours sont passés.

Il y a 4 jours donc, je préparais mes affaires pour la dernière série : Mariette ; 25 m ; revolver. La série pour laquelle je consomme quasiment 90 plombs par semaine depuis pas loin de deux mois. Rien qu'en amorces, c'est un budget. J'ai encore dû batailler contre ma lunette, mais j'ai fini par gagner. Je suis au poste n° 1 à coté du mur, la place pas pratique. Ce n'est pas grave, je m'entraîne volontairement à ce type de place 1 fois sur 3. Le mur, je le connais, maintenant.

Le sifflet se fait enfin entendre et le tir peut commencer. Au premier barillet, j'ai deux 9 et deux 8 encourageants. L'arbitre m'a fait reculé légèrement car je mordais la ligne. Je me suis exécuté avec le sourire sans que cela m'atteigne.

J'ai chargé le deuxième barillet, placé les amorces. Mes affaires sont sur ce torchon jaune à fines lignes blanches sur lequel je distingue mal mes doses de semoule. En même temps que je jette un œil à la lunette, je tire mon chien en demi armé, comme je fais d'habitude.

Un bruit terrible avec de la fumée épaisse me saute au visage. Le temps de réaliser, quelques dixième de seconde sans doute. Il y a une odeur acre et une fumée que je ne connais pas. La poudre, ça va, je peux la replacer dans n'importe quel contexte. Mais cette fumée, je ne la connais pas : c'est mon torchon qui brûle. Je viens de tirer dans la table, à 50 cm de moi. Le bois de la table est perforé, le tissu commence maintenant à s'enflammer. Le matériel est sens dessus dessous. Alors que j'éteins le début d'incendie en tapant dessus avec un autre torchon, l'arbitre s'approche et me tend ma boite d'amorce qui a volé à 3 mètres à l'intérieur du stand.

Il vient de comprendre ce qui est arrivé. Je suis abasourdi. J'ai juste pris acte que l'impact a été fait en direction de la cible. Mais là je ne sais pas quoi faire. J'ai vu tout de suite que personne n'était blessé, ni moi en fait. Je me demande si on ne va pas m'exclure du concours, ce qui ne m'aurait pas choqué outre mesure. J'ai quand même mis une balle de 9,13 mm dans la table. Je pense que c'est à ce moment là que je me suis moi-même mis  hors concours.

Après quelques discussions avec les arbitres et vérification que cette 6ème balle n'était pas dans la cible, ils me disent de continuer.

Mais à quoi ? Continuer quoi ? Continuer le concours ? J'y arriverais pas. Je pense à plein de choses, à devoir assumer et passer par dessus. Mais là c'est trop. J'ai déjà mis des balles hors cible, genre à coté du cadre, à quelques cm, mais dans la table du pas de tir, jamais.

Et puis, j'ai eu peur. Physiquement.

Je me suis ressaisi, de quoi reprendre l'arme en main qui était chargée de toute façon. De quoi être affligé par cette faute, de quoi hausser les épaules devant la cible en me disant que c'était foutu. De quoi tirer pour mettre quelques 7. Il m'a fallut 6 nouvelles balles pour que je me reprennes complètement. A la 13 ème et dernière balle, la douzième pour la cible, j'ai placé mon seul 10 de la série.

Le résultat est une catastrophe : 79 points. A peine mieux qu'au 50 m en fait. Je me retrouve 22ème sur 36. Le premier fini à 94 points, le deuxième à 93, le troisième à 92.

92 points, c'est ce que j'ai fais au concours d'Ecommoy.

Je suis allé voir Vincent tirer au 50 m, aux prises avec une arquebuse. J’ai regardé les autres tireurs au 50 m et au 100 m, tous à l’arme d’épaule. A la fin de la série, j’ai expliqué la situation à Vincent.

- « Ta 6ème balle est dans la table, bon, il t’en restait 7 autres pour le concours.»

Je lui explique le début d’incendie, l’arbitre, la boite d’amorce, … Il se marre, et me dit qu’à coté de la pompe à vélo, il va falloir que je trouve un extincteur. Puis, il m’a raconté pas mal d’anecdotes sur des tirs qui ne sont pas arrivés en cible mais plutôt dans les pare balles ou dans d’autres tables.

Il a surtout insisté sur le fait que ce n’est pas grave et que je dois apprendre des incidents. La conclusion est qu’il en arrivera d’autres, que je ne les éviterais pas à 100%, que je dois apprendre à gérer la suite de la série. Mais quand même, de là a en avoir à chaque fois...

Bon, je peux retourner voir le bouddhiste pour écouter ses phrases à la c… Ou alors relire l'Ecclésiaste, je préfère autant. Je me suis toujours sentis bien suite à sa lecture.

Je vais finir par croire que j'ai besoin d'un rituel avant de participer à un concours.



Régionaux : Malson, Kuchenreuter

Les régionaux : tout est dans le titre ! Pour moi, y être présent représente quelque chose d'important. C'est d'ailleurs tellement vrai que j'ai attendu plus de 4 jours pour y dédier un message sur le blog.

Peut être parce que mes résultats sont très disparates. 

Le temps est clément, tout se passe bien à l'arrivée, un peu en retard pour être tout à fait au calme. Le contrôle des armes est finalement rapide, mais je n'en ai que deux à faire vérifier. Jérôme, lui, en a 4 ou 5. Il me laisse passe devant lui. Merci.

Je rejoins le pas de tir au 50 m pour débuter la série Donald Malson. Je ne suis pas très à l'aise, je ne connais personne, la grande majorité est venue pour les armes d'épaule au 50 ou 100 m. Il faudra que je m'y habitue,  le revolver à 50 m a finalement peu d'adeptes. Je m'en fiche : je prépare ma paillasse avec soin. Je mets des plombes à régler la lunette de vue sur la cible, je me suis même demandé si j'allais y arriver un jour. Mais enfin, voilà, tout est en place. 

Ah bah non ! Je n'arrive pas à ne pas voir la saleté de la table : débris d'amorce, semoule, peut être même sable, d'autres trucs pas identifiables ... Je fais bonne figure, je me tourne vers les autres tireurs, échanges de sourire, amabilité d'usage. Je n'y tiens plus. 

J'enlève tout le matériel pour nettoyer cette satanée table et poser un chiffon bien à plat pour remettre mon matériel dessus. Non , mais... (Les tables ne me seront pas reconnaissantes, au final.)

Le tir se déroule sans accroc, pas d'incident, pas de ratage grossier, pas d'amorces à la noix, pas de d'impacts bizarres, pas d'énormes surprises, non plus. Simplement, je dois faire face à un 10 qui n'est jamais venu et à des 9 qui n'ont pas d'ambition. Résultat : 1 x 9, 5 x 8, 1 x 7 et 3 x 6. Soit 74 points. Ce score me classe 5ème sur 14 tireurs. Au dessus, deux scores à 79 points, puis le second à 83 et le gagnant à 84 points. J'ai une belle marge de progression devant moi si je veux un podium. 

Le problème et l'affreuse déception à digérer, c'est qu'il me fallait 75 points pour être qualifié pour le championnat de France. C'est une bonne chose que je n'ai eu connaissance du résultat qu'en fin de matinée. Après le kuch.

D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi je n'ai pas enchaîné le Malson et le Mariette (c'est la même arme). C'est une bêtise que je ne recommencerais pas.

Le Charles Moore est maintenant correctement réglé et le concours s'est bien passé. Je ne fais pas d'éclat non plus, je suis classé 6ème sur 37 tireurs avec 90 points. C'est mon meilleur score, entraînements compris. Et puis le Charles Moore, je ne le possède que depuis les Départementaux, c'est-à-dire, depuis ... 1 mois. Je trouve ce score satisfaisant. Oui, c'est cela, satisfaisant. Du coup, ce samedi là , je pouvais envisager la troisième et dernière série (Mariette) sereinement. Etant donné qu'il s'agit de la distance (25 m) et l'arme que je maîtrise le mieux (voir photo du blog), je me plais à penser que j'ai toutes mes chances. 

Le repas démarre doucement, puis s'anime. Il y a Vincent et Jérôme, tout va bien. Au fil de la conversation, je glisse que j'attends un peu avant d'aller sur la catégorie Cominazzo, soit le pistolet à silex. 

           - Jérôme : « Mais pourquoi tu veux attendre ? »
           - Moi : « Pour bien prendre en main les autres armes et ... »
           - Lui :  « Ah oui, c'est les autres qui t'ont dit ça, mais c'est pas vrai qu'il faut attendre ! »
           - Moi : « L'idée est que j'en aurai au moins pour deux ans pour bien maîtriser le Remington et le Charles Moore. Et puis, au 50 m... »
           - Lui : « N'importe quoi ! Il faut pas écouter les autres. Moi, j'ai tout commencé en même temps. Le kuch, la mèche, ... On va tous mourir de toute façon ! Tu veux attendre quoi exactement ? »
           - Moi : « Mais arrêtes de dire qu'on va mourir, t'arrêtes pas de le répéter » quasiment offusqué.
           - Lui : « Et c'est pourtant vrai ! »

Là, je ne peux plus lutter. J'abandonne. De toute façon, on ne lutte pas contre Jérôme.Vincent est mort de rire. Il a déjà dû entendre tout ça. 

Cependant, Jérôme avance une théorie intéressante (qui devrait aussi amuser les instits). Et l'intérêt de son avis est qu'il fait partie des champions. 

De manière générale, le milieu de la poudre noire et sa littérature prétendent, postulent, affirment qu'il faut  maîtriser une arme avant d'en choisir une deuxième, etc... C'est quelque chose qui me va bien. Mais là, d'énigmatique, Jérôme devient didactique et déroule le fil de sa pensée en prenant l'exemple de la méthode syllabique pour l'apprentissage de la lecture (depuis longtemps rangée avec la poussière au fin fonds des archives), en assurant que le cerveau ne fonctionne pas ainsi. « l'humain, c'est pas ça ». Pour aller dans son sens, je me souvenu d'une étude portant sur la compréhension d'une phrase et démontrant que l'ordre des lettres dans les mots n'avaient pas d'importance. La seule chose importante est que la première et la dernière lettre du mot soient à leur place. 

Le rsete peut êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porlbème. C'est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot.

Et aussitôt, d'appliquer cela à la maîtrise des armes. En fait, Jérôme a acheté toutes les armes de poing en même temps pour participer d'entrer de jeu à toutes les séries des concours : revolver, origine, réplique ; pistolet à mèche, à silex, à percussion. Plus un truc japonais.

Je suppose que comme d'habitude la vérité est entre ces deux extrêmes. Et tant mieux parce que je n'ai pas le budget pour toutes ces armes d'un coup !



Ecommoy : Mariette



92 points * : mon meilleur concours.



Bonnes sensations. Détendu. Calme. J'ai fais ce que j'avais à faire. Et je suis vraiment reparti du pas de tir avec le sentiment du devoir accompli. Et aussi, avec un petit regret pour un 8 qui traîne.

Content. Très content. Je suis content. 


Si je dois qualifier mon état d'esprit sur le coup, c'est la sérénité qui prévalait. Au delà de la recherche du point pour le tir du moment, au delà du résultat final à obtenir. Je me souviens d'un dialogue intérieur tout au long de la procédure du tir : la recherche de la netteté, le contrôle du mouvement du bras, la pression de la pulpe de l'index. Des commentaires sur l'action à faire, à corriger surtout, et sur la simultanéité de ces bonnes actions au moment du lâcher du coup. Après, le résultat fut un 10 ou un 9. Mais c'était moins important que les actions qui les avaient précédé.

Je suis satisfait que la position générale et la tenue en main n'aient pas été concerné par ces commentaires. Je suppose que de ce coté tout allait bien.

Ce qui est étonnant, c'est que je revois encore les tirs, la façon dont je les ai gérés. Je viens de comprendre en profondeur ce que Vincent cherche à m'enseigner depuis des mois.

Je crois que c'est de ces moments qu'il faut que j'arrive à me souvenir pour les prochaines fois.


* 3 x 10 ; 6 x 9 ; 1 x 8.

Mise à jour :


Je prends la 1ère place du concours et avec plusieurs tireurs d'expérience au classement. Et j'ai le droit à une bonne bouteille ! Merci à Ecommoy : je reviendrais l'année prochaine ! Merci aussi à Bernard qui m'a apporté le trophée directement au stand et à Vincent pour la feuille de résultat.


Ecommoy : Donald Malson

L'accueil des gens d'Ecommoy a été formidable. Conviviale. J'ai déjeuné avec les tireurs et l'équipe du stand. Très peu nombreux (6 personnes) dont Frédéric. Le repas a été excellent, et franchement même recherché : ce n'est que du tir et l'on a pourtant eu le droit à des verrines, des brochettes de pains d'épice au roquefort avec des raisins secs marinés au rhum, une excellente ratatouille avec un plat de viande en sauce.

Ah aussi, des rondelles de concombre rehaussées d'une crème de fromage. Je soupçonne même la présence d'une pointe de basilic.

Une salade de fruits frais, eh oui, des fruits frais, accompagnée de petites meringues et de petites mignardises au chocolat, toute simple à faire d'après Annie, le tout étant de bien rouler la pâte et de la laisser deux heures au frais avant de servir. Frédéric pourra en témoigner.

On a parlé, on a mangé, on a évoqué les souvenirs des Arquebusiers qui, à Chinon, qui, beaucoup plus loin : des soirées joyeuses d'après ce que j'ai compris ! D'ailleurs, je reprendrais bien un petit peu de vin.

Sinon, on a pu débattre de la meilleure façon de cuire le gigot d'agneau. Je ne savais pas qu'il existait une façon appelée la cuisson de 7 heures. Classiquement, je suis resté avec le souvenir de la viande servie plutôt saignante, avec donc un temps de cuisson court et une température un peu élevée. Mais non, cette spécialité consiste justement à en une cuisson à cœur avec une température basse et surtout sans pression : quasiment à la vapeur. Les saveurs sont pleinement conservées grâce à la cuisson sans couvercle.

Donald Malson - 14 h30 : 56 points.

Circulé.


Ecommoy, Kuch' : épique et flop !

Mon premier concours avec le Charles Moore. Comment dire ... quand ça veut pas, ça veut pas. Et des fois, ça veut pas du tout. 

Je sortais de Mariette et j'étais content. Bonnes sensations, bons résultats. J'installe le matériel de chargement prêté par Vincent pour le pistolet (merci), les dosettes de poudre et de semoule données par Stéphane (merci aussi), le Charles Moore. Le même Stéphane s'installe pour Kuch aussi. Lui, au moins, il a réussi à s'acheter son matériel dans les temps chez un armurier, sauf son maillet modèle géant (il a dû dépouiller un troll). 

Flambage d'amorce. Belle réussite. Flambage balle. Pfff ! Pas d'autre son que l'amorce qui claque. 10 secondes en face de la cible par sécurité. Re amorce. Re pfff ! Le coup ne part pas. La sale blague. 

J'ai déjà vu des tireurs avec des problèmes au stand : des balles casanières qui restent dans leurs chambres, des amorces soudées sur les cheminées, des mécanismes coincés par des débris d'amorces, des bassinets fermés comme une huître perlière, un barillet souffrant de tournis et qui refuse de tourner, un chien pacifiste qui ne veut plus s'armer, des cheminées voyageuses qui prennent la poudre d'escampette, un guidon migrateur, et même récemment un maillet géant qui perd son manche.

Mais cette fois, c'est à moi que cela arrive et qui plus est en concours. 

Jean Guy m'aide à déterminer le problème, poudre, pas poudre, nettoyage, huilage, trop d'huile. Les minutes,  les minutes qui s'écoulent : un tire-balle pris d'autorité dans les affaires de Stéphane qui suit d'un oeil distrait et son tir et ses affaires. Finalement, il vient nous aider : la vis du tire balle est bien prise dans le plomb (on est sûr qu'au moins il y a une balle), lui et moi on tire comme des baudets. Bon, on rigole bien, on s'éclate : lui le dos, moi les bras. La balle, elle, est toujours dans le canon. 

Jean Guy me dit de démonter la cheminée. (Il est comme ça Jean Guy). On place de la poudre directement dans le logement de celle-ci, je la revisse, je m'insère une amorce. Je me place pour tirer et je vois tout le monde qui s'écarte : solidaires mais pas fous. Pas très rassurant. Le coup part, quelque chose est partit : le calepin s'est certain. La balle, franchement, personne n'a vu d'impact. Stéphane retourne a son tir, après tout, on est quand même en concours. 

25 minutes après l'incident, je demande l'autorisation de débuter mon tir. Accordé. 

Première impact dans le 4. Au final, 4 impacts dans le blanc, des 7. Un résultat pauvre : 79 points. Test à la pression  : pas une grande réussite. 

A propos de pression, d'après les tireurs d'expérience d'Ecommoy, dont Jean Guy et Denis, il faut que je me procure une pompe à vélo. Je pensais avoir fait le tour du matériel, mais non. L'idée est de chasser sous pression (de la pompe) l'excès d'huile et l'huile du canon borgne. Le flambage de l'amorce, qu'il faut doubler d'ailleurs, ne suffit pas. Le canon doit être même nettoyer au chiffon, soufflé sous pression, le passage de la cheminée au canon doit être passé à la mini brosse (pour les interstices dentaires que Frédéric m'a donné, encore merci). Ensuite, on peut prétendre tirer dans la catégorie Kuchenreuter. 

Maintenant, je le sais.

Le seul truc qui m'inquiète, c'est le coté inflationniste du volume de matériel nécessaire au tir. 


Equipes régionales : Ah ! Déjà ?...


Je viens à peine d'acquérir le Charles Moore que j'apprenais que j'étais l'un des membres de l'équipe que le club présente aux régionaux. Bien sûr à entendre tout le monde, il n'y a aucune raison de me mettre la pression ... Je les crois tous volontiers, mais cela ne m'aide pas beaucoup. 

En fait, il faut que cela me responsabilise. Dans mon tir, dans ma façon d'aborder le concours, dans ma façon  de faire et d'être. Même si le score de l'équipe n'est que l'addition des scores individuels, sans autre épreuve supplémentaire, je dois quand même jouer pour l'équipe! Normalement, cela devrait tirer mon score personnel vers le haut.

Normalement. Sauf si... Mais, non !  Même étant donné que ... Non, non. Y'a pas de raison. Ou peut être bien que... Franchement, je ne vois pas pourquoi cela devrait me mettre la pression !

En étant tout à fait honnête, je dois avouer que je suis très fier d'en faire partie, de ces équipes Mariette et Kuchenreuter. Cela ne représente peut être grand chose pour nombre de tireurs, et peut être aussi qu'il faut bien un peu de monde pour faire ces équipes et qu'on est pas si nombreux, mais pour moi, c'est étonnamment important.

C'est que les autres tireurs doivent me faire confiance. C'est comme cela qu'il faut que je travaille la question.

Une coupe !

En arrivant au stand pour participer aux Départementaux, Edmond* est venu vers moi en me tendant une coupe !

« C'est pour Mayenne ! T'as gagné ! »
« Non ? T'es sûr : j'ai fais 90 ! »
« Ah bah, oui ... »

Première coupe !


Excellente nouvelle : premier concours que je gagne. Je suis content, même si au final, je ne sais pas dans quelle catégorie j'ai remporté cette magnifique coupe : Malson (66 points) ou Mariette (90 points) ? Il faut quand même que je me renseigne.

Stéphane, Vincent, Jean Claude m'ont proposé de rejoindre les Arquebusiers. Je suis très content de cette demande. Mais, ce que je voulais, c'était remporter un concours avant de les rejoindre.

C'est chose faite !

J'ai juste une interrogation sur l'intégration de la coupe dans l'appartement, la décoration n'allant pas avec la coupe...

Peut être est-il possible de la laisser au club ? Il faut que je pose la question à Edmond, je sens qu'il va être content...

*Le président du club de tir.





Départementaux : série surprise

J'ai déjà souligné l'excellente ambiance qui règne en poudre noire : ambiance amicale et entraide. Mais je ne pensais pas que cela se vérifie autant !

En discutant avec les arbitres, Claude et Frédéric, les tireurs étant encore à ranger leurs matériels, je me suis ouverts à eux en me disant que j'aurai dû commencer par Malson puis Mariette. Les avis sont partagés en fait sur ce point et la conversation continua plutôt sur Mariette tout court. Ils m'ont bien sûr confirmés tous deux que Mariette est difficile à maîtriser et que l'idéal est de débuter en kuchenreuter. Mais que comme tous les débutants eux aussi ont fait la bêtise.

Claude est allé s'occuper de tireurs arrivants au stand et de fil en aiguille, la conversation a continué avec Frédéric que je découvrais à l'occasion. Il a fini par me dire qu'en tant qu'arbitre, il ne pouvait pas tirer toutes les séries qu'il aurait souhaité. Et sur ces mots, comme un éclair, il m'a annoncé :

« Je peux te prêter mon pistolet, comme ça tu pourras tirer en kuch' ». Assis, je serais tombé de ma chaise. Par chance, j'étais débout. 

« Les doses de poudre sont prêtes, j'ai tout le matériel. Comme ça, tu pourrais essayer le kuch'. » Je me suis défendu en disant que je n'avais jamais tiré avec ce genre d'arme et que débuter en concours ce serait assez incroyable. Il m'a répondu que ce n'était pas grave, qu'il allait me montrer le chargement et qu'il resterait derrière moi pendant le tir au cas où. 

Je n'en revenais pas. Son arme est un Charles Moore de marque Pedersoli, un haut de gamme, magnifique. 

Charles Moore, prêté par Frédéric.

J'ai fait un peu de résistance pour ne pas sauter sur une occasion lancée avec trop d'enthousiasme, au cas où. Mais ce ne fut pas le cas. Frédéric était sincèrement content de mettre permettre de découvrir cette catégorie.

J'ai accepté.

Comme convenu, il m'a montré l'arme, la détente (ultra sensible par rapport à ce que je connais), le chargement, la visée. « Comme au 10 m », m'a t'il dit. Je ne sais pas ce que cela signifie, je lui avoue. En fait, en bas du visuel, ce que je fais d'habitude, mais je ne connaissais pas l'expression. J'ai un peu manipulé l'arme, mais finalement pas tant que cela. J'ai récité avec lui les phases de chargement : le chien en position demi armé pour laisser l'air du canon s'échapper par la cheminée ; entonnoir, poudre, semoule, calepin huilé, balle ; maillet, pousse balle, baguette de chargement ; amorce ; puis, le chien à l'armé, le setcher vers l'avant. Enfin, le tir.

Je suis donc resté déjeuner avec les tireurs. Et, franchement j'ai bien fais. 

A 14 heures, j'ai pu me rendre au pas de tir pour la série kuchenreuter, avec une arme que je ne connaissais pas, un chargement que j'avais testé seulement une fois avec le Kentucky de Dominique et un concours à honorer.

Frédéric a tout installé le matériel. J'ai juste apporter mes amorces. La table est formidablement bien organisée, j'ai tout sous la main ! Quelle leçon ! Vincent me glisse qu'à la fin de chaque chargement, il faut que je donne deux petits coups sur la balle avec la baguette et que c'est important. Comme d'habitude avec Vincent, j'applique en étant content du conseil.

Il m'a fallu gérer la durée du concours. Je n'ai pas fait de faute de chargement, répétant silencieusement à chaque fois la procédure. J'ai juste oublié plusieurs fois d'ôter l'entonnoir du canon avant de poser le calepin. Au bout de 5 balles, Frédéric a relâché son attention à mon endroit, me montrant par là qu'il me faisant confiance. Et aussi sans doute qu'il était rassuré. 

J'ai principalement effectué les opérations de chargement de la main gauche, tenant l'arme de la main droite, verticalement. C'est comme quand je bricole, les outils ont tendance à passer à gauche.

Je n'ai pas de stress outre la crainte d'abîmer l'arme, le matériel ou de faire une erreur de chargement.

Le tir est incroyable avec cette arme : la visée est agréable, la détente légère, le départ du coup, doux. Je n'ai pas été dépaysé par rapport à la tenue en main. D'instinct, j'ai tenu l'arme très haut, comme le Remington.

La première cible a été plutôt encourageante. Tous les impacts sont dans le noir, de mémoire. La seconde cible l'a été particulièrement : je groupe quasiment dans le 9. C'est un vrai régale !

Je sors 89 points*. Je suis ravi et aussi étonné par le résultat. Je ne sais comment remercier Frédéric. 

De retour au stand, j'apprends que Claude met son Charles Moore en vente... Je n'en reviens pas. Il faut que je trouve Vincent.


* Je me classe 5ème sur 14 tireurs


Départementaux : Donald Malson

Quitte à participer, autant que je puisse faire deux séries. D'où Donald Malson, soit 50 m, avec la même arme qu'en Mariette (ou Colt d'ailleurs), épreuve dont maintenant je connais bien bien le nom. Je viens de chercher pourquoi ou qui fût ce Donald Malson, s'il a existé, mais je laisserai un érudit répondre, je ne trouve pas.

Après mon ratage en Mariette, finalement, j'étais serein. C'est une épreuve que j'allais tester pour la seconde fois, donc je n'avais aucune pression parce qu'aucun enjeu. Mon problème en Mariette est que je mets trop d'enjeu dans le résultat.

Je n'ai pas flambé de balle, étant donné que je n'ai pas nettoyé le canon ni les chambres du Pietta. Ce qui doit peut être considéré comme plutôt pas sérieux. Mais à l'entraînement, je ne nettoie pas entre deux séries et ma meilleure cible est  toujours la deuxième. Je crois que cela me correspond bien, et à l'arme aussi.

J'ai décidé de faire le réglage en fonction du premier impact. Pas de chance : j'ai sorti un 10.  Cela m'a mis de bonne humeur, l'arme est bien réglée, le chargement correct et le tireur détendu. Mes tirs se sont succédés en étant irréguliers, la tenue en main en bout de bras finissant par être lourde.

Par la suite, ce fut le seul 10, et j'obtiens 65 points. Tous les gars m'ont dit que c'était loin d'être ridicule. Le champion départemental gagne avec 67 points. C'est presque frustrant.

Au moins, là, je m'y suis retrouvé, à l'aise avec l'arme, l'organisation générale de la table, les procédures. J'ai pu me mettre en condition à chaque tir, faisant la check list des points importants avec une attention particulière à la position et au lâcher.

Je me suis amusé, cela m'a bien plu et je me suis dit en rangeant mon arme que j'ai peut être trouvé ma catégorie. 

La suite de la journée m'a montré que finalement, c'est pas sûr....


PS : puisque j'en suis au Malson,
petite pensée pour Stéphane,
ou plutôt deux.


Départementaux : Mariette

Je ne sais plus quoi penser. Pendant le tir, au milieu du deuxième barillet, je me suis dit qu'il valait mieux que j'arrête la poudre noire. Tirer 90 plombs par semaine pour en arriver là, c'est pas la peine.

J'ai eu un sentiment de gâchis, de vanité et pour finir, de vacuité.

Déception. Déprime. Désespoir.

Pour reprendre depuis le début, l'arrivée sur le pas de tir a été mouvementée : j'ai cru avoir de la marge mais l'inscription a été plus longue que je ne le pensais. Du coup, c'est en courant que je suis allé sur le pas de tir. Mais aucun problème de ce côté, j'ai eu tout le temps de m'installer, d'organiser mon matériel et discuter avec les autres tireurs. Je me sentais même détendu. Vincent m'a indiqué que la corde pour effectuer le basculement du porte cible devait être à portée de manière à ne pas bouger pendant la série. (Je n'y avais pas pensé..). Trop détendu.

A la fin de mon premier barillet, hormis un résultat des 4 premiers tirs pas du tout pertinent, je me suis retrouvé avec une amorce qui refusait de quitter sa cheminée. Je n'ai pas voulu aller chercher de tournevis pour l'ôter (je ne savais même pas si je pouvais quitter le pas de tir pour le prendre dans ma sacoche située à 1 mètre derrière moi et je n’ai pas osé demander. Du coup, je ne le sais toujours pas.) Et donc, il me manque un outil à portée de main au cas où. J'aurais au moins appris cela.

J'ai dû recharger sans mon habituel repère de chambre vide. Cela m'a complètement déconcentrer. Juste ce petit grain de sable, tout petit problème, à peine un souci ! Pourtant, plus je voulais le sortir de mon esprit, plus il était présent. En fait, j’étais en train de m’énerver, pour si peu, cela m'agaçait. Je n'ai pas réussi à sortir de ce cercle. A un moment, je réussissais même plus à remettre mon barillet à sa place !

Résultat : 86 points *.

Il y a des gens qui sont content d'être heureux, moi, je suis agacé d'être énervé .

En fin de matinée, j'ai croisé Jérôme, un tireur expérimenté, qui nettoyait son Remington origine entre deux séries. Il venait de perdre deux cheminées pendant son tir, carrément arrachées de leur taraudage. En voyant cela, j'étais sidéré du risque qu'il a pris en tirant quand même. Mais je suppose qu'il sait ce qu'il fait…

En discutant un peu, il m'a lancé l'une de ces phrases énigmatiques dont il a le secret. « Le stress, c'est un problème d’ego ! ».  J'allais partir le laissant à son nettoyage, convaincu qu'il s'arrêterait à ces mots, comme d'habitude. Mais non, pour une fois il a développé.

      - Lui : « Si tu es stressé, c'est parce que tu ne veux pas paraître plus faible que les autres tireurs, que tu as peur d'avoir un score pas à la hauteur. Franchement, à la hauteur de quoi ? Ça sera pas écrit sur ta pierre tombale que t'as gagné un concours poudre noire, hein ? »
      - Moi : « Ah ben oui... Ça relativise.  Si seulement tu me l'avais dit avant le concours ... »
      - Lui : « Ouais » finit il sans écouter.
      - Moi : « ... » un peu dépité.
      - Lui : « Oh ! Dis donc, tu as vu le trou dans le barillet ? »

Des fois, il me fait peur quand même...

En allant au stand après cette conversation, je me suis senti un peu bête, en fait. C’est exactement ce qui me manquait comme mantra pendant que je m'énervais d'être agacé. Il faut que je me souvienne de cela : « Le stress, c’est un problème d’ego ». Je veux bien apparaître battant ou impliqué ou ambitieux ou impatient. Mais pas avoir un problème d'ego. Si je veux produire un résultat, avec un classement à la clé, c'est pour me prouver que je suis capable de le faire. Je pense en avoir le potentiel et je veux transformer ce potentiel en résultat tangible. Exactement comme je l'ai fais pour la perte de poids ou pour la course à pied. Mes 10 bornes trois fois pas semaine, c'était uniquement pour moi.

Finalement, à la relecture, j'ai peut être un problème d'ego. Au moins, cela expliquerai le stress...


*soit 4ème pour 13 tireurs

Concours de Mayenne

Décidément, lorsque les concours sont sur deux jours, le samedi est idéal pour tirer : peu de monde, des relations détendues avec les gens du club, tireurs et bénévoles. On a le temps, c'est une denrée que j'apprécie.

Question résultat, je suis content : 90 points en concours, je trouve cela satisfaisant dans le sens où les choses progressent. Dans l'ordre chronologique, mes scores en concours augmentent : 82 - 83 - 87 - 90. C'est le point qui me contente. Un petit bémol par rapport à mon 87 où le gagnant fait 90 : c'était atteignable, tant pis.

Car, il y a le score et il y a le classement. Je distingue bien les deux et pour l’instant je dois me concentrer sur le score uniquement. Même si arriver 6ème sur 17, cela aiguillonne…

L'objectif à ce jour est de toute façon de préparer les départementaux en ayant réussi à apprivoiser l'ambiance du concours, le regard des spectateurs, le stress du moment ainsi qu'avoir créer des automatismes sur l'organisation du temps et du matériel. Sur ces automatismes, même si je peux toujours m’améliorer, ils sont suffisamment acquis pour être adaptables à différentes conditions.

La chose marrante est que je suis arrivé très en avance (comme quoi, je ne suis pas encore serein...) : 10 H45 pour une série débutant à 11H30. Mais comme j'étais le seul tireur de la matinée (?!), j'ai pu choisir mon poste et tirer sans attendre. C'est très agréable et même si un jeune visiteur découvrait les armes anciennes, ça été sympathique de lui présenter la réplique de Remington. Cela ne m’a pas déconcentrer.

Deux C50 l'une à coté de l'autre : le changement de prise de visée et donc de position du corps est embêtant à gérer. Mais c'est à moi de m'y faire. C'est d'ailleurs bien ce point que je ne maîtrise pas encore : la position.

Le lâcher m'a posé des problèmes aussi : je trouve le point de rupture brutal et la pression à exercer trop importante. C'est finalement bon signe là aussi : si je commence à devenir plus exigeant sur ces points, c'est parce que je les ressens mieux maintenant.

Ensuite, le fait d'avoir terminer avant l'heure théorique de début de série m'a permis d'oser demander s'il était possible d'effectuer un tir à 50 m, dans la catégorie « Donald M... * » euh ... « Donald quelque chose ». Évidemment, personne ne connaissait et ne pas me souvenir du nom complet de cette épreuve ne m’a pas positionné comme un spécialiste. Ce n'est pas grave, de toute façon je débute. Par contre, j'ai songé à Stéphane à chaque fois qu'un bénévole me demandait le nom de la catégorie : lui qui a dû me le répéter au moins 10 fois ! S’il apprenait, il m’engueulerai…

Comme le 50 m était libre, le président a donné son accord et deux cibles ont été installé. Un tireur arme longue s'est présenté, et du coup, après qu'il eut préféré la place qui m'était destiné à toute autre, on a pu tirer au 50 m ensemble. Avec au moins 10 spectateurs.

Je confirme ma difficulté concernant la position de tir : j'ai passé les 5 premiers tirs à la corriger, étant dans le 4 à gauche au premier impact. La deuxième cible a été meilleure avec deux 9 et deux 8. Malheureusement, il me manque un impact, je n'en trouve que 12 en tout. C'était ma première expérience au 50 m mais cela m'a bien plu. Résultat : 66.

J'ai remarqué que les impacts n'étaient pas propres, les balles n'ont pas perforées le carton de façon nette. Je me demande si je ne devrais pas essayer avec les .378 pour avoir une pression plus importante. Évidemment, si je tire avec des .375 c'est pour avoir une faible déformation de la sphère de la balle. A essayer quand même.

En fait, pendant ce concours je me suis bien amusé, c'était distrayant, agréable. Comme quoi même si on y travaille, on peut s'amuser quand même !

* Donald Malson

Concours d'Alençon

Tous les gars du stand sont à Chinon ce week-end. Sauf moi. J'ai passé le samedi matin à Alençon pour un challenge poudre noire, Armes anciennes. Cela me permet aussi de découvrir d'autres horizons, d'autres tireurs. 

L'arrivée c'est très mal passé : impossible de trouver le club. J'avais peu dormi et j'avais dû préparer le matériel le matin même. Du coup, j'ai oublié le plan papier et ma discussion avec mon GPS a donc tourné court. Je déconseille les renseignements téléphoniques qui ne sont là que pour piquer de l'argent dans une rare incompétence en ce qui concerne le service : adresses erronées, absence dans les bases de données de rues existantes, incapacité à effectuer une recherche en dehors de leur base (il ne connaissent pas de moteur de recherche web)...

J'ai fini par trouver, grâce à un appel à la famille et à la rencontre avec un vieux monsieur gentil tout plein. Mais, je suis arrivé trop tard, après le début de la série à laquelle je me suis inscrit. 

Une femme m'a accueilli, et m'a présenté le club, les lieux. Arbitre et tireur(e) très expérimentée (championne dans plusieurs catégories), Arlette m'a trouvé une place dans la série suivante. C'est étonnant de rencontrer des gens pour la première fois, sans les avoir jamais vu auparavant et de savoir en fait qui ils sont dans un contexte. Arlette fait partie des tireurs émérites et je sais que je la côtoierais encore.

Arrivant un peu énervé et surtout dépité, j'ai pu "redescendre", reprendre mon calme, à coté du feu de cheminée à l'accueil du club. 

A la place n° 6, j'ai dû me faire à l'idée de tirer sur deux cibles. Cela ne m'était pas encore arriver : deux C50 l'une sous l'autre. J'ai décidé de mettre 6 coups dans celle du haut, 7 dans l'autre ; de façon arbitraire, mais je ne crois pas que cela ait une quelconque importance.

Tous les tireurs souffrent du froid et l'attente sur le pas de tir est longue : je ne suis pas sûr qu'il fasse au-dessus de 0 °C.

Je fais 87 points. Je considère qu'il s'agit d'un score moyen. Je finis 6ème sur 17 tireurs. Là où je suis content, c'est sur l'organisation, tout a été fluide. Même si je suis le premier à finir la série (ce qui n'a absolument aucun intérêt), j'ai pris plus mon temps. Ma série manque de 10, mais j'ai le sentiment que c'est à porter de main. 

J'ai essayé de quitter le club dès que la série a été finie, après avoir salué les tireurs. Rien à faire : il a fallu participer à l'apéro. Franchement, il y a pire ! Surtout que les gens d'Alençon sont très chaleureux, mettant à l'aise, s'intéressant.

Avec un club de qualité, recelant ses champions d'hier et d'aujourd'hui. Dont trois tireurs d'expériences avec leur palmarès au France. Ils m'ont confirmé que Mariette était une catégorie difficile, ce que j'avais déjà entendu. Plus difficile que le pistolet. Mais cette fois, ils m'ont dit pourquoi.

"Sur le Kuchen, t'as qu'un canon !" me dit le plus ancien. Ils échangent alors des regards malicieux entre eux.  J'ai cru que le whisky commençait à se faire entendre. Mais, non. "Les revolvers, répliques ou pas, ont 6 chambres. Et c'est la chambre qui forme la balle. Il faut mesurer les 6 chambres pour savoir à quel point elles sont différentes les unes des autres. Quitte à ne plus tirer avec celle qui est trop différentes des autres". Je crois que je suis resté bouche bée.

Je ne m'étais jamais interrogé sur une différence d'alésage. Bien sûr, je sais que mon Pietta à 215 euros ne peut pas avoir la même qualité qu'un Artax ou un Pedersoli. Ce n'est pas une seule question de marque. Comme pour toutes les machines où l'usinage est primordiale, ce que l'on achète, c'est la précision de l'usinage. Donc, mon arme a nécessairement été usinée avec une tolérance plus importante qu'une réplique de haute qualité. Ce qui implique une différence entre deux perçages.

Maintenant, deux questions se posent :
          1- Quelle % d'écart d'alésage il y a entre les chambres du barillet ? Cela se mesure, c'est objectif.
        2- Quelle incidence cet écart a sur la régularité du tir ? C'est moins évident à mesurer.

Il faudrait se lancer dans une série de tests comparatifs avec tir sur appui. J'ai pas trop envie : ce que je souhaite, c'est maîtriser mon tir. Je laisserai aux experts techniques du club le soin de vérifier l'incidence d'une chambre au diamètre différent des autres. Pour ma part, si j'en trouve une (ou deux) je cesserai simplement de les utiliser.

Tout de même, multiplier les rencontres, c'est vraiment multiplier les sources d'informations, à partir du moment où les lieux sont adéquates et les personnes pertinentes.

En plus, le président du club a offert au nom du club un petit couteau aux deux nouveaux tireurs : trop sympa ! Merci encore. Et à l'année prochaine !



Un dimanche à Durtal

Je me suis inscrit complètement à l'arrache pour ce concours. J'étais au stand samedi, et c'est là que j'ai su que le club de Durtal organisait son challenge poudre noire armes anciennes ce samedi même et le dimanche. J'ai pris le téléphone à 17h pour savoir si je pouvais m'inscrire pour le lendemain...
 
J'ai pu tirer à la série de 10 H, en catégorie Mariette (réplique de revolver, 25 m).

J'ai décidé pour ce début d'année de faire deux séances d'entraînement par semaine et un concours le week-end. J'ai pour l'instant un planning de 5 semaines calé sur ce rythme. Mon but est d'apprivoiser l'ambiance concours et de reléguer au rang d'automatismes tout ce qui permet le tir sans faire parti des bons gestes du tir : organisation de la table, des différents matériels, consommables. Vincent m'a récemment appuyer dans cette démarche lorsque je lui ai exposé.

Je travaille donc ma mémoire procédurale : je m’entraîne à concourir. C'est à cette même mémoire que l'on fait appel lorsque l'on conduit sa voiture : qui peut dire combien de fois il a actionné le levier de vitesse sur un trajet déterminé ? Eh bien, c'est ce qu'il faut que j'atteigne lors de mes participations aux concours en ce qui concerne tous les gestes périphériques.

Pour le concours de Durtal, mon objectif était aussi de maîtriser ce stress et de ne pas céder à "psychose" de rater le concours, d'être mal classé et d'avoir un score faible. Pour moi, découvrir un nouveau lieu n'est pas forcément un grand bonheur si je dois y être acteur. J'ai besoin de maîtriser les choses pour être à l'aise, j'ai peu de place en moi pour  l'improvisation.

C'est sûrement pour cela que j'arrive à me réaliser dans le tir.

L'ambiance est excellente parmi les clubs de tir en ce qui concerne la poudre noire, en tout cas pour ce que j'en ai vu. Je suis surpris par la volonté des tireurs d'expérience de faire progresser les nouveaux. Je ne suis pas habitué de cet état d'esprit, c'est même la première fois que j'y suis confronté : du coup, je suis timoré et je reste facilement à l'écart. Je dois corriger ce point si je veux progresser.

Pour le score, par contre, je sors un minable 83...  Mais, je suis content ! Ce que je retiens sur les points à améliorer, c'est le fait de prendre plus (et mieux) mon temps. En fait, 30 mn de concours, c'est très large : pas la peine de stresser de ce point de vue.

Vivement le prochain challenge !


Sur le pas de tir

La participation aux concours me contraint à organiser mon poste de travail. C'est plutôt une bonne chose, je trouve, car plus les éléments périphériques au tir lui-même sont standardisés et automatisés, mieux je m'en trouverai dégagé et mieux je pourrais me consacrer aux bons gestes du tir.

L'un des pivots de cette organisation est que les pieds ne doivent pas bouger pendant toute la durée du concours (1/2 heure maximum). L'autre pivot est que la table est plutôt petite, genre 60 x 40 cm.

Et pourtant, il faut placer la lunette sur trépied, les doses de poudre, la boite à graisse et l'ustensile pour l'étaler, la boite d'amorce, la boite de balles, les doses de semoule, une petite zone libre pour les débris d'amorce et bien sûr faire en sorte qu'il reste de la place pour l'arme et sa manipulation en faisant en sorte que le canon pointe toujours et uniquement vers la cible. 

J'ai fini par trouver un plan de table en m'inspirant de ce que les autres tireurs font et en l'adaptant à ma main.

Je n'ai pas encore fabriqué une planche avec des logements pour accueillir les éprouvettes de poudre et de semoule ainsi que les balles. Ce sera un gain de temps à l'installation et ce sera plus propre.

C'est étonnant le nombre de paramètres, de matériels, de procédures qu'il faut mettre en place, découvrir,  maitriser avant de prétendre rivaliser avec les tireurs d'expérience. 

Le plus surprenant est que plus j'apprends, plus je découvre ou de nouveaux détails, ou au contraire des pans entiers jusque là insoupçonnés. A mon avis, le prochain, ce sera l'optique.

Mais, je trouve cela incroyablement motivant et c'est pour cela que j'y travaille...



Concours

J’ai eu une mauvaise expérience lors de ma première participation à une rencontre amicale d’armes anciennes. Je me suis mis une pression monstrueuse, j’y ai pensé toute la semaine et je n'ai pas dormi de la nuit. Résultat : 82 points. A l’entraînement, je tenais le 90 avec une pointe à 93. Étienne m’a dit que l’on perd 10% de ses points entre l’entraînement et le concours et là ça s’est confirmé.

Déception terrible. Affreuse. Annihilante, même pour être exact.

Mais déception instructive (enfin au bout de deux mois). Faire un score mauvais dans ce cas, m’implique pas que je sois un mauvais tireur. Cela implique simplement que j’ai mal travaillé.

Du coup, je suis inscrit à 4 concours : Alençon, Mayenne, Beaumont (Départementaux) et Écommoy. Avec Durtal, la semaine dernière, je devrais commencer à apprivoiser l’ambiance et le stress, acquérir les réflexes d’organisations et les automatiser pour enfin me concentrer uniquement sur les bons gestes du tir.
 
C’est le but avoué de mes premières participations.

Comme m’a dit Vincent pour les entraînements, il faut que « j’oublie la cible ». Disons que je m’entraîne à concourir et que là aussi il faut que « j’oublie la cible. »…

C’est pas gagné mais on y travaille…