Affichage des articles dont le libellé est Matériel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Matériel. Afficher tous les articles

Des clics ? Non, des claques...

Le problème avec le Remington 1858, c'est qu'il faut régulièrement changer les cheminées. Un coup de clé, un coup de clic sur internet et un coup de carte bleue pour en acheter des neuves. Et un coup de clé et quelques temps plus tard, re belote. Alors, j'ai regardé mon arme avec sévérité, et je lui ai dit : "Toi, tu me coûtes trop cher en cheminée". Sans surprise, mon arme ne m'a pas répondu.

En fait, si. Mais il m'a fallut être attentif. J'ai pris soin de regarder le chien, son marteau et le bâti. Là, je me suis rendu compte, qu'à l'abattu du chien, le marteau était arrêté par le contact avec une cheminée et surtout que les feuillures autour du marteau n'étaient pas en contact avec le bâti.

Remington 1858, chien, réplique Pietta


Du coup, fi des coups de clé et des coups de clics et de carte bleue, j'ai opté pour un coup de lime.

L'intérêt de ma réplique Pietta est que le métal du marteau est plutôt mou et que les multiples contacts avec les cheminées ont sculpté un petit rond tout à fait visible. J'ai donc entrepris de limer doucement le marteau afin que les feuillures du chien soient en contact avec le bâti à l'abattu du chien en prenant grand soin de garder suffisamment de matière sur le marteau pour qu'il puisse entrer en contact avec l'amorce. Ce qui est quand même un pré requis pour n'avoir pas à cliquer encore sur internet, pour un chien cette fois.

Et les choses sont bien faites, merci les ingénieurs de Remington : cela fonctionne parfaitement.

En fait, cela fait maintenant près d'un demi kilo de plomb que mes cheminées ont envoyé avec succès jusqu'à la cible sans que le marteau n'abîme les cheminées.

Alors, pourquoi en parler maintenant ? Parce qu'un site internet m'a envoyé une pub avec une réduction sur tous les articles. Désolé pour le commerce, mais, cette fois, ce sera sans moi.

Dernier challenge de l'année


J'ai fini d'installer le matériel. On est quatre tireurs pour 15 postes sur le 25 m. Vincent a raison, les tireurs passent tous à l'arme d'épaule. Ma lunette est en train de rendre l'âme, baissant la tête sans arrêt. Je n'arrive pas à la serrer. Ce n'est pas grave. Le Charles Moore est bien calé dans ma main. La poignée en forme de poire est au creux de ma paume. J'ai l'impression de retrouver mes sensations tout de suite. Les premiers tirs restent compliqués, cela fait près de trois mois que je n'ai pas tiré et cela se ressent sur la cible. La douleur au bras est très légère, mais je sais qu'elle va s'accentuer avec l'effort. 

Fleury les Aubrays -  Boutet, puis Le Mat. 29ème challenge amical. 29 ans, fichtre !

Je me suis décidé à y aller parce que Vincent m'a proposé de co voiturer. Bah, du coup, oui : c'est deux heures, deux heures et demi de route pour rallier la banlieue d'Orléans. Et puis, il me propose de me prêter une arme pour tirer en Véterli (arme d'épaule, percussion, 50 m). Ah, bah, re-oui ! Il a pleins d'arguments décidément.

Après, bien sûr, il y a 4 heures et demi de voiture en tête à tête et, ça, ça peut être tragique. Vincent n'est pas du genre très bavard. En tout cas, pas avec moi. Ça m'arrange : dans ma vie, j'ai déjà essayé d'être très bavard, mais je n'y arrive pas. 

On range les armes dans son Expert et dans le froid en départ du Mans à 07 heures zéro zéro. Ça blague pas. La voiture est nickel, parfaitement rangée, chaque chose à sa place. J'aime bien. Le bazar, ça me stress. Et de faire la route avec mon mentor, je n'ai pas besoin de stress supplémentaire.

Ce qui est bien, c'est que l'on peut être silencieux sans être mal à l'aise. Du coup, personne ne se sent obligé de meubler les silences et parfois, le silence, c'est bien. La conversation s'enroule autour des armes, des challenges, de l'expérience. Et puis, finalement autour de ce que chacun fait à l'extérieur du stand. Depuis le temps que l'on se côtoie sur le stand, il faut bien que l'on fasse connaissance. 

Mon premier tir est un 10. Franchement, je n'aime pas ça. Mais du coup, cela me rassure : mon Charles Moore n'est pas si mal entretenu que cela et je ne suis pas si rouillé. Je prends beaucoup de plaisir à retrouver les automatismes du chargement : poudre, semoule, calepin, balle, maillet, starter, pousse balle, deux petits coups sur la balle pour vérifier à l'oreille que la balle est bien calée sur la semoule. Comme me l'a appris Vincent.

Amorce sur la cheminée. Le bras bien tendu, le coude verrouillé. J’enchaîne les 9. Je finis par regretter de n'avoir pas plus de 10. Je fais deux 8. Ça m’apprendra à n'être pas humble. Je me reprends. Et je mets deux 10 en maîtrisant les bons gestes aux bons moments. Même si je sais que je n'aurai pas de podium, le résultat me convient : 91 points (1). Vu le contexte, tendinite, 6 mois d'entrainement. Ça me va. Je suis 5ème sur 17 tireurs.

J'enchaîne en Le Mat. C'est la catastrophe. Je suis incapable de stabiliser l'arme. Je sors du 6, du 7 du 8. L'arme pèse des tonnes.

C'est vers 18 heures 30, dans la voiture, alors que l'on traversait un énième village sans charme de la route d'Orléans, avec cette nuit tombante qui enveloppe tout, que j'ai compris pourquoi j'ai raté mon Le Mat. Ma prise en main était bonne, bien haute. Lorsque Vincent a évoqué ce point pour comprendre pourquoi mon score était si faible, je regardais la marque sur mon empan qu'avait laissé le chien à l'abattu. Je sais que ma prise en main était bonne.

C'est la position de mon corps qui était mauvaise. J'étais trop face à la cible. Pas assez de profil. Décidément, le silence a du bon. On peut réfléchir et revivre les 13 coups portés en cible. Je sais que mon défaut de points vient de là : pas assez de profil et pas assez en tension dynamique. Trop mou, quoi.

92 points pour le gagnant Le Mat du week-end. Bravo à lui. Mais c'est à ma portée, je l'ai déjà démontré. Et je reviendrai à ce score.

Vincent est au 50 m. Comme il me l'a dit, il a loué son emplacement pour la journée. Et quelle journée !

Je retourne à l'accueil. Pour moi, la matinée est terminée. Il est 11 heures et demi. Je regarde un tireur au 10 m. C'est un pas de tir particulier. Lorsque Vincent me l'a fait visiter, il a bien insisté sur les retour vidéo sur chaque poste de tir ! C'est impressionnant. Le stand a en fait servir de stand d'entrainement pour les JO. J'ai oublié l'année. C'est extrêmement carré, propre, sous contrôle. J'aime bien.

Le tireur fait de la vitesse. 5 tirs en 20 secondes, je crois. Stéphane m'a conseillé cette épreuve. Je sais bien que je dois passer par le 10 m. J'irai. Le gars fait 3 cibles sur 5. A chaque fois. Je me dis qu'il doit être difficile de se détacher du résultat précédent pour refaire les bons gestes aux bons moments suivants. Décidément, le tir, c'est riche. Je n'ai pas fini d'apprendre. Au moins, cette pensée me fait sourire.

Je ne sais pas trop quoi faire en attendant Vincent. Je n'arrive pas à me mêler aux autres. J'attends le repas. On verra bien.


(1) 3 x 10, 5 x 9,  2 x 8 ; 91 points.

Charles Moore : tennis, quoi ?

Pensant avoir réglé le problème de décalage à gauche, me voilà confronté à un problème de position dans la cible. Le réglage d'une arme est décidément une science pas complètement exacte. Ce doit être une science humaine...

Ou alors, je suis confronté au problème de la position haute du groupement dans la cible, parce que j'ai réglé (ou presque) le problème de décalage à gauche. Ou du moins, je sais ce qu'il faut faire pour le régler complètement.

Le 6 et le 7 du haut de cible ainsi que le 7 du bas de cible sont respectivement les deux premiers et le dernier tirs. Je mets cela sur le compte du tennis elbow qui m'handicape pas mal. 

Cible du jour, 25m, conditions de concours.
A priori, je paie (un peu cher) les séances d'entrainement trop longues et trop rapprochées. L'arme (pistolet ou revolver) pèse 1,2 kg 1,3 kg qu'il faut porter à bout de bras tout en étant en tension et répéter le même geste dans la même position inlassablement.

Et le problème, c'est que je ne me suis pas ménagé à coté des entraînements (en fait, pas du tout). J'ai aussi aidé à porter du bois, des traverses de chemins de fer et des plaques de caoutchouc et j'ai arraché pas mal de clous*. 

C'est pour cela que je suis satisfait quand même du résultat du jour, du moins pour le groupement général, en dehors de ces trois erreurs. La hauteur du groupement est bonne (de mon point de vue), bien ramassée, sa largeur est cependant importante. Je crois qu'il faut que je décale le guidon encore un peu. Et que je mette beaucoup de crème sur le bras.

Sinon, les péripéties du tir du jour m'ont démontré que je dois absolument fixer la planchette de rangement du matériel à la table de tir. Déjà parce qu'il y a une petite encoche très pratique prévue à cet effet et qu'il est dommage de ne pas prêter attention à l'esprit créatif de son concepteur et surtout parce que cela m'évitera de voir voler les balles, les dosettes de poudre et l'entonnoir en plein milieu d'une phase délicate de chargement, tout ça parce que le maillet a sournoisement bousculé cette planchette au lieu de rejoindre la table tranquillement.

Planchette de rangement, indispensable.

Pour faire simple, je suis un peu inquiet puisque je concoure ce week-end en Kuchenreuter et en Mariette. Encore une fois, je devrais tester le nouveau réglage en début de concours. Comme m'a conseillé Vincent, il faut que je me concentre le plus possible sur ma première balle en cible, afin qu'elle soit une référence. Et de corriger en contre visée au besoin pour les 12 suivantes. 

Bon, finalement, je peux y aller détendu, puisque j'ai deux handicap pour ce concours. Allez, décalage de guidon et beaucoup de crème.



* réfection complète de la butte du 100 m au stand, en cours. 
Ah ben oui, on aime son club ou on l'aime pas...

Réglage finalement

J'ai pris mon courage à deux mains : j'ai déporté le guidon du Charles Moore. 

Non que je sois fainéant, mais par crainte de faire une bêtise. J'ai plus que repoussé. On peut dire que sur ce coup-là, j'ai mis tout le monde à contribution. 

Le déclencheur, c'est une phrase de Vincent que mes hésitations ont dû fatigué : « Dans le dix, tu peux mettre six impacts cote à cote ; cela te laisse une bonne marge de manœuvre, non ? » Ah, bah oui, effectivement...

Et je me suis rendu compte de deux choses. La première, c'est qu'il faut que j'arrête de psychoter dès qu'il s'agit de tir et d'armes. Franchement, quand je me suis lancé d'autres défis (perte de poids, course à pied, entreprises), je me suis montré moins timoré. (Et des fois même , un peu tête baissée). 

Si je déplace le guidon de 1 / 10ème de mm, alors je décale mon tir de 1 cm (ma ligne de mire est de 26 cm pour un tir à 25 m). Suis-je capable de contrôler mon tir à bras franc de 1 cm par 1 cm sur la cible ? Non. Donc, même si je me déporte trop le guidon, j'aurai une « bonne marge de manœuvre ».

D'où, étau, chiffon dans les mors, canon dans le chiffon, pied à coulisse et maillet. Déport de plus ou moins 5 / 10ème de mm. Voici le résultat en cible : 


 Avant réglage
 Après réglage.
Ce qui n'est pas évident, c'est que la deuxième série est meilleure que la première, réglage ou pas. D'autre part, il faut que j'arrive à me souvenir de laisser un peu de blanc sur la prise de visée comme sur la deuxième cible. Et cela, c'est un vrai changement d'habitude par rapport au Pietta.

Rasséréné, je suis retourné à l'étau, au chiffon et au maillet et après avoir fait un repère au pointeau sur le guidon, j'ai déporté ce guidon de 2 épaisseurs de trait : 2 / 10ème (?) Quel courage !

La deuxième chose dont je me suis rendu compte, c'est que je ne connais pas les cotes d'une cible C50. J'ai dû en utiliser plus d'une centaine et je ne sais toujours pas comment elle est bâtie. Bravo pour le sens du détail... Ce qui est marrant, c'est que lorsqu'on se penche sur le 10, il paraît très gros : 5 cm de diamètre ! Poser une balle dessus montre qu'il y a plein de place autour. Enfin, sur une table.

En fait, c'est tout simple : du centre vers le cordon, le rayon augmente de 25 mm, soit une zone de 10 de 5 cm de diamètre, une zone de 9 de 10 cm, une zone de 8 de 15 cm. Mais ce qu'il faut que je retienne, c'est 25 mm. 

25 mm pour faire la différence entre un 9 et un 10. Ou un 4 et un 5. C'est ça qui est important. Et je vais y travaillé...



Donald Malson : 80, pas 83

J'en suis à la 10ème cible en Donald Malson* (concours compris) et finalement, les choses vont assez vite.

J'ai respecté les conseils donnés par ceux qui se sont frottés à cette épreuve avant moi, à savoir ... de ne rien changer : ni la charge, ni la visée. J'ai été surpris parce que pour moi, doubler la distance de l'arme à la cible impliquait plus de puissance ou de jouer avec une courbe en cloche. Cet a priori s'explique par une méconnaissance totale de la balistique du Remington, même en réplique. Evidemment, en cherchant un peu, je retrouverais les équations qu'on m'a enseigné sur les paraboles et je pourrais retrouver les paramètres qui les font varier. Mais cela ne me donnerait rien sur la trajectoire d'une balle ronde de Remington, sauf à avoir les conditions initiales du tir (vitesse de sortie de la balle, notamment).

En fait, même si je sais que je peux les faire, ces calculs ne m’intéressent pas : je préfère me laisser guider par l'instinct, l'arme en main sur le pas de tir plutôt que crayon et calculette accoudé à une table. C'est debout que j'irai chercher les points.  

Donald Malson, 50 m, conditions de concours.


Ce qui me plait dans le fait de ne pas changer la visée ni la charge, c'est que l'entraînement au Malson vaut pour Mariette. Je trouve cela pratique. Et puis, rassurant, en fait. Ne rien changer. Ça, c'est détendant et en ce moment j'ai besoin de cela : flâner dans le confort des habitudes.

Évidemment, le score atteint est prometteur 80 points (et non 83 comme un excès d'enthousiasme l'a fait déclarer trop vite). Il y a quand même 5 x 9, nom d'un chien !

Pour la prise de visée, j'ai d'abord posé l'arme sur le haut de la cible, bien dans l'axe, puis je l'ai descendu jusqu'en bas du visuel tout en mettant une pression sur le bout de la queue de détente. Je me souviens bien de cela. En fait, la cible précédente montrait un balayage latéral du 2 au 2. C'est pour cela que j'ai procédé de cette façon pour arrêter d'arroser.

Ma hantise maintenant, parce qu'il faut bien que je m'en crée une nouvelle, serait que ce score ne soit qu'un coup et que je ne sois plus capable de l'atteindre ou de le dépasser. Exactement le même état d'esprit quand au bout d'un an d'entraînement au Mariette, j'avais enfin atteint le score de 83 : une certaine appréhension m'avait enveloppé à partir de ce moment pour enfin disparaître lorsque je réussis à reproduire le résultat puis à le dépasser. 

On  va dire que cela va se passer de la même façon, en tout cas, j'y travaille ...


* tir au revolver, debout, à bras franc, à 50 m.


Charles Moore... ? Ah, le mien !

Revenant à l'entraînement, j'ai la chance d'être sur le pas de tir avec Vincent, Jérôme et Stéphane. Ce ne peut être qu'une séance profitable !

Je commence à maîtriser le chargement du pistolet. Vincent m'a procuré une tablette de rangement pour les dosettes de poudre, les balles et le matériel de chargement. Stéphane me prête son matériel de chargement et me remet les idées en place quand il y a besoin. J'utilise des balles de .440 avec un calepin de 0,25 comme Claude me l'a indiqué. L'achat d'une arme d'occasion ayant appartenu à un tireur d'expérience fait gagner un temps incroyable.

Maintenant, j'ai encore un certain mal à utiliser correctement le starter : la balle ne descend qu'au prix d'un effort important. Idem pour la baguette de chargement, je dois m'arc-bouter comme un forcené. La chance d'être entouré de tireurs d'expérience m'a permis d'être sûr que le problème vient bien de moi et non du matériel et cela sur deux points capitaux.

Charles Moore à percussion, réplique Pedersoli.

La chargement du point de vue du consommable : 

La balle de .440 calepinée avec du 0,25 fonctionne merveilleusement entre les mains de Jérôme. Sa gestuelle est fluide, propre, aucun mouvement en trop, aucune hésitation. Il m'explique qu'en match, la procédure de chargement permet de se reposer du tir précédant, celui-ci étant réalisé en apnée et finalement en tension. D'autre part, lui et Vincent me précisent que la gestion du temps doit intégrer la durée d'un incident de tir et sa résolution. Finalement, ce temps est compté, moins de deux minutes par tir pour conserver une marge de manœuvre : 30 mn pour 13 chargements plus 1 tir de flambage et quelques amorces à vide, le changement de cible, le positionnement général. 

Il faut que je m'entraîne aussi à cela.

Le chargement du point de vue de la cible :

Jérôme me demande l'autorisation de tirer avec le Charles Moore. Euh, comment dire ... accordé ! Et avec mes remerciements encore.

Un 7 à 11 heures. Je tire à mon tour. Je suis plutôt content, j'obtiens le même impact, un peu plus à gauche toutefois, comme à mon habitude. Il prend le relais, recharge et trouvant immédiatement la contre visée, il fait un 10. Il est très satisfait et il y a de quoi. C'est impressionnant. A mon tour, et selon ses indications, je fais un doublé sur son 10. Décidément, tout va bien !

      - Jérôme : « Allez, allez, faut arrêter de parler, recharge ! Tire, faut continuer ! t'arrêtes pas! »
      - Moi : « Oui, oui, t'as raison, j'y vais ! »

J'ai l'impression que Vincent patrouille derrière moi, que Jérôme observe tout ce que je fais et que Stéphane se marre en cachette. Bon, je charge, je tire, je me discipline. Et puis finalement, je rentre tranquillement dans ma bulle.

En fait, je suis rassuré. L'arme est excellente, le chargement est bon. C'est donc à moi de faire le boulot car pour le moment les résultats n'étaient pas au rendez-vous. J'ai retenu les conseils et les trucs de chacun. Pour le nettoyage et pour la préparation de l'arme avant le tir, c'est, du coup, beaucoup plus clair et plus simple. Finalement, pas de surprise magistrale, juste du bon sens et surtout de l'application dans les gestes. Donc, plus de pompe à vélo et cela m'arrange. 

Le fond de la source du cœur du problème :

Il faut que j'arrive à être moins timide dans mon approche avec le Charles Moore. Ce qui me bloque en fait c'est d'avoir la chance de posséder une arme haut gamme (c'est la première fois) et que je dois donc servir en conséquence et en étant sûr de moi. Ce n'est pas facile à décrire : c'est comme si je n'osais pas faire les choses parce que c'est un Pedersoli et parce qu'elle a un passé avec d'excellents résultats. Alors qu'avec le Pietta, je n'ai jamais ressenti cela*.

Finalement, je dois apprivoiser l'arme et véritablement me l'approprier. Je me surprends encore, lorsque j'en parle ou que j'y pense, à la désigner comme le Charles Moore de Claude. Comme quoi entre la propriété et l'appropriation, il y a un monde...


 * à tort, car à la vue de ses résultats, l'arme est excellente



Charles Moore, au bain

Franchement, pas question que je revive une expérience comme celle d'Ecommoy en concours. J'ai décidé de m’intéresser de près au fonctionnement du Charles Moore.

J'ai donc retrouvé sur le net l'éclaté du pistolet et même s'il me manque la légende et que je n'ai pas le nom de certaines pièces, je devrais pouvoir comprendre le pourquoi d'insister sur certaines actions pendant le nettoyage.


Eclaté du Charles Moore.

Le point de difficulté est évidemment d'avoir un canon borgne, avec une bouche mais pas de tonnerre comme sur le revolver. Je me suis lancé dans le démontage partiel du pistolet, à savoir : la cheminée, son support (pièce n°13) et la vis en bout de ce support ; une fois le canon démonté évidemment.


Démontage rapide.


Mon objectif est de connaître la longueur du canon en avant du logement de la cheminée, si toutefois, cet espace existe. Et de trouver un moyen efficace de nettoyer le canal du support de cheminée. C'est tout simple, un tournevis, une clé de 10 et le tour est joué. La clavette ne tient pas assez, il faut que je me renseigne pour résoudre ce problème. Je pensais qu'elle était en deux parties d'un coté, un peu comme sur un Colt, mais s'il y a bien une fente, elle fait uniquement office d'encoche.

Détail du support de cheminée.


Est-ce la pièce au centre de la photo qui a posé problème la dernière fois ? Son démontage est simple et si je craignais qu'il soit délicat de retrouver. Le souci est que je n'arrive pas à dévisser la vis en bout du cylindre à l'opposé du filetage. La tête s'abîme et je crains de la détériorer complètement. 

La petite brosse que m'a donnée Frédéric fonctionne très bien. La bonne nouvelle est le montage de la pièce n° 10 en bout du canon. La longueur du filetage dessiné sur le plan peut paraître exagérée si l'on ne comprend pas (comme moi) que le canon commence après le logement du cylindre porte cheminée (pièce n° 13). Du coup, le montage du canon est tout à fait solide et il n'existe pas d'espace à l'avant du cylindre dans le canon et c'est tant mieux.

Ainsi, je crois que c'est au niveau du conduit entre la pièce cylindrique porte cheminée et le fond du canon que peuvent se poser les problèmes d'excès d'huile ou d'humidité, enfin tout ce que n'aime pas la poudre noire. Je comprends mieux ce que je dois faire lors du prochain nettoyage et avant le prochain tir.

C'est beaucoup de soin et recherche, et j'y travaille...


Ecommoy, Kuch' : épique et flop !

Mon premier concours avec le Charles Moore. Comment dire ... quand ça veut pas, ça veut pas. Et des fois, ça veut pas du tout. 

Je sortais de Mariette et j'étais content. Bonnes sensations, bons résultats. J'installe le matériel de chargement prêté par Vincent pour le pistolet (merci), les dosettes de poudre et de semoule données par Stéphane (merci aussi), le Charles Moore. Le même Stéphane s'installe pour Kuch aussi. Lui, au moins, il a réussi à s'acheter son matériel dans les temps chez un armurier, sauf son maillet modèle géant (il a dû dépouiller un troll). 

Flambage d'amorce. Belle réussite. Flambage balle. Pfff ! Pas d'autre son que l'amorce qui claque. 10 secondes en face de la cible par sécurité. Re amorce. Re pfff ! Le coup ne part pas. La sale blague. 

J'ai déjà vu des tireurs avec des problèmes au stand : des balles casanières qui restent dans leurs chambres, des amorces soudées sur les cheminées, des mécanismes coincés par des débris d'amorces, des bassinets fermés comme une huître perlière, un barillet souffrant de tournis et qui refuse de tourner, un chien pacifiste qui ne veut plus s'armer, des cheminées voyageuses qui prennent la poudre d'escampette, un guidon migrateur, et même récemment un maillet géant qui perd son manche.

Mais cette fois, c'est à moi que cela arrive et qui plus est en concours. 

Jean Guy m'aide à déterminer le problème, poudre, pas poudre, nettoyage, huilage, trop d'huile. Les minutes,  les minutes qui s'écoulent : un tire-balle pris d'autorité dans les affaires de Stéphane qui suit d'un oeil distrait et son tir et ses affaires. Finalement, il vient nous aider : la vis du tire balle est bien prise dans le plomb (on est sûr qu'au moins il y a une balle), lui et moi on tire comme des baudets. Bon, on rigole bien, on s'éclate : lui le dos, moi les bras. La balle, elle, est toujours dans le canon. 

Jean Guy me dit de démonter la cheminée. (Il est comme ça Jean Guy). On place de la poudre directement dans le logement de celle-ci, je la revisse, je m'insère une amorce. Je me place pour tirer et je vois tout le monde qui s'écarte : solidaires mais pas fous. Pas très rassurant. Le coup part, quelque chose est partit : le calepin s'est certain. La balle, franchement, personne n'a vu d'impact. Stéphane retourne a son tir, après tout, on est quand même en concours. 

25 minutes après l'incident, je demande l'autorisation de débuter mon tir. Accordé. 

Première impact dans le 4. Au final, 4 impacts dans le blanc, des 7. Un résultat pauvre : 79 points. Test à la pression  : pas une grande réussite. 

A propos de pression, d'après les tireurs d'expérience d'Ecommoy, dont Jean Guy et Denis, il faut que je me procure une pompe à vélo. Je pensais avoir fait le tour du matériel, mais non. L'idée est de chasser sous pression (de la pompe) l'excès d'huile et l'huile du canon borgne. Le flambage de l'amorce, qu'il faut doubler d'ailleurs, ne suffit pas. Le canon doit être même nettoyer au chiffon, soufflé sous pression, le passage de la cheminée au canon doit être passé à la mini brosse (pour les interstices dentaires que Frédéric m'a donné, encore merci). Ensuite, on peut prétendre tirer dans la catégorie Kuchenreuter. 

Maintenant, je le sais.

Le seul truc qui m'inquiète, c'est le coté inflationniste du volume de matériel nécessaire au tir. 


Charles Moore, cet inconnu

Dimanche dernier, juste après les départementaux, Claude m'a cédé son Charles Moore. Après avoir consulté quelques tireurs d'expériences qui m'ont tous confirmé la bonne occasion, j'ai pris la décision de l'acheter. Claude s'en sépare car il participe à des nombreuses catégories et que les armes de poing sont moins attractives maintenant pour lui que les armes d'épaule. L'arme est magnifique, très bien entretenue, le tout à un prix très bon.

Charles Moore, réplique de Pedersoli.


Il mesure 44 cm, pèse 1.150 kg et c'est un calibre 45. 

La finition est noir mat, je ne sais pas comment cela s'appelle, le stecher est extrêmement sensible, je n'ose pas touché à son réglage. Le nouveau propriétaire en est très fier ! Il va falloir que je change la photo du blog. 

En plus de l'arme, Claude a ajouté 14 dosettes de poudre, un petit lot de balles coulées par ses soins et quelques calepins. De quoi débuter le tir, en fait. Ce que j'ai bien sûr fais mercredi dernier. Vincent m'a prêté le matériel de chargement, toujours dans cet incroyable esprit d'entraide : pousse balle, entonnoir long, baguette de chargement, maillet en bois.

Le chargement habituel de Claude est d'1 g de PNF2, un calepin de 0,25 et une balle de .440. Le tout avec une dose de semoule. J'ai oublié de lui demandé son meilleur score en kuchenreuter avec cette arme, tellement fébrile de l'acquérir. Je lui poserai la question, c'est quand même un bon point de repère (Mise à jour).

J'ai un peu cherché d'informations historiques sur ce modèle, mais je n'ai pas trouvé grand chose. Il va falloir une fois de plus que je me tourne vers les érudits.

Bien sûr, j'ai déjà tiré avec : pas vraiment probant niveau résultat, mais en analysant la première et la deuxième série, le groupement est encourageant. Pas la troisième série, Stéphane en conviendra lui qui met deux impacts en 1 seul tir*.

Le tir est très agréable, les sensations sont bonnes.

Bernard, dimanche m'a bien dit que maintenant que je pouvais tirer en Mariette, en Malson et en Kuchenreuter, que j'en avais au moins pour deux ans avant d'ajouter une nouvelle catégorie : rien qu'en voyant le volume de matériel augmenté, j'en suis bien conscient.

Et là j'ai énormément de boulot !

* C'est une grossière erreur de ma part où je me suis arrêté en plein milieu du chargement : poudre, semoule, calepin, balle. Sauf que je n'ai pas utilisé la baguette de chargement à la suite du pousse balle. Mais Stéphane serait il abonné au chiffre 2 ?

******************
Mise à jour : Claude m'a gentiment indiqué ses meilleurs scores. 95 points en concours et 97 points à l'entraînement. Des scores exceptionnels !



Départementaux : série surprise

J'ai déjà souligné l'excellente ambiance qui règne en poudre noire : ambiance amicale et entraide. Mais je ne pensais pas que cela se vérifie autant !

En discutant avec les arbitres, Claude et Frédéric, les tireurs étant encore à ranger leurs matériels, je me suis ouverts à eux en me disant que j'aurai dû commencer par Malson puis Mariette. Les avis sont partagés en fait sur ce point et la conversation continua plutôt sur Mariette tout court. Ils m'ont bien sûr confirmés tous deux que Mariette est difficile à maîtriser et que l'idéal est de débuter en kuchenreuter. Mais que comme tous les débutants eux aussi ont fait la bêtise.

Claude est allé s'occuper de tireurs arrivants au stand et de fil en aiguille, la conversation a continué avec Frédéric que je découvrais à l'occasion. Il a fini par me dire qu'en tant qu'arbitre, il ne pouvait pas tirer toutes les séries qu'il aurait souhaité. Et sur ces mots, comme un éclair, il m'a annoncé :

« Je peux te prêter mon pistolet, comme ça tu pourras tirer en kuch' ». Assis, je serais tombé de ma chaise. Par chance, j'étais débout. 

« Les doses de poudre sont prêtes, j'ai tout le matériel. Comme ça, tu pourrais essayer le kuch'. » Je me suis défendu en disant que je n'avais jamais tiré avec ce genre d'arme et que débuter en concours ce serait assez incroyable. Il m'a répondu que ce n'était pas grave, qu'il allait me montrer le chargement et qu'il resterait derrière moi pendant le tir au cas où. 

Je n'en revenais pas. Son arme est un Charles Moore de marque Pedersoli, un haut de gamme, magnifique. 

Charles Moore, prêté par Frédéric.

J'ai fait un peu de résistance pour ne pas sauter sur une occasion lancée avec trop d'enthousiasme, au cas où. Mais ce ne fut pas le cas. Frédéric était sincèrement content de mettre permettre de découvrir cette catégorie.

J'ai accepté.

Comme convenu, il m'a montré l'arme, la détente (ultra sensible par rapport à ce que je connais), le chargement, la visée. « Comme au 10 m », m'a t'il dit. Je ne sais pas ce que cela signifie, je lui avoue. En fait, en bas du visuel, ce que je fais d'habitude, mais je ne connaissais pas l'expression. J'ai un peu manipulé l'arme, mais finalement pas tant que cela. J'ai récité avec lui les phases de chargement : le chien en position demi armé pour laisser l'air du canon s'échapper par la cheminée ; entonnoir, poudre, semoule, calepin huilé, balle ; maillet, pousse balle, baguette de chargement ; amorce ; puis, le chien à l'armé, le setcher vers l'avant. Enfin, le tir.

Je suis donc resté déjeuner avec les tireurs. Et, franchement j'ai bien fais. 

A 14 heures, j'ai pu me rendre au pas de tir pour la série kuchenreuter, avec une arme que je ne connaissais pas, un chargement que j'avais testé seulement une fois avec le Kentucky de Dominique et un concours à honorer.

Frédéric a tout installé le matériel. J'ai juste apporter mes amorces. La table est formidablement bien organisée, j'ai tout sous la main ! Quelle leçon ! Vincent me glisse qu'à la fin de chaque chargement, il faut que je donne deux petits coups sur la balle avec la baguette et que c'est important. Comme d'habitude avec Vincent, j'applique en étant content du conseil.

Il m'a fallu gérer la durée du concours. Je n'ai pas fait de faute de chargement, répétant silencieusement à chaque fois la procédure. J'ai juste oublié plusieurs fois d'ôter l'entonnoir du canon avant de poser le calepin. Au bout de 5 balles, Frédéric a relâché son attention à mon endroit, me montrant par là qu'il me faisant confiance. Et aussi sans doute qu'il était rassuré. 

J'ai principalement effectué les opérations de chargement de la main gauche, tenant l'arme de la main droite, verticalement. C'est comme quand je bricole, les outils ont tendance à passer à gauche.

Je n'ai pas de stress outre la crainte d'abîmer l'arme, le matériel ou de faire une erreur de chargement.

Le tir est incroyable avec cette arme : la visée est agréable, la détente légère, le départ du coup, doux. Je n'ai pas été dépaysé par rapport à la tenue en main. D'instinct, j'ai tenu l'arme très haut, comme le Remington.

La première cible a été plutôt encourageante. Tous les impacts sont dans le noir, de mémoire. La seconde cible l'a été particulièrement : je groupe quasiment dans le 9. C'est un vrai régale !

Je sors 89 points*. Je suis ravi et aussi étonné par le résultat. Je ne sais comment remercier Frédéric. 

De retour au stand, j'apprends que Claude met son Charles Moore en vente... Je n'en reviens pas. Il faut que je trouve Vincent.


* Je me classe 5ème sur 14 tireurs


Le lâcher

Les tireurs d'Alençon m'ont ré affirmés ce que tous les tireurs d'expérience m'ont déjà expliqué à propos de la visée. D'abord des organes de visée toujours nets. Ensuite, apporter un soin particulier au lâcher du coup. Enfin, ce dernier point qui m'apparaitra évident dans son importance dans quelques temps (années ?), à savoir rester en position après avoir fait feu : le canon pointera à l'endroit de l'impact.

Pour la netteté des organes de visée, je trouve cela difficile à appliquer même si je m'y emploie : mais j'ai du mal à ne pas faire d'allers retours entre le couple hausse-guidon et la cible. Peut être un symptôme d'impatience du résultat, comme dirait Vincent. Sinon, sur ses conseils, je vais passer le guidon au marquer noir de manière à bénéficier d'un contraste optimal sur le blanc de la cible.

Pour le lâcher du coup, j'ai entrepris d'améliorer le mécanisme. Le métal de la tête de la queue de détente a tendance à s'émousser, ni plus ni moins. Du coup, régulièrement, je le reprends à la pierre à affûter. Mais cette fois, je suis aller plus loin en polissant les surfaces de contacts (queue de détente et chien, et aussi les surfaces latérales des pièces en mouvement ; pour réduire les frottements acier contre acier). D'autre part, j'ai repris la tête de queue de détente de manière à ce que les arêtes soient nettes et la section soit réellement rectangulaire.

J'ai gagné en souplesse, la course est moins rugueuse et le départ est plus net. Mais, je le trouve toujours trop dur.
 
Rester en position après le tir, je trouve cela compliqué. L'arme monte largement vers le haut et verticalement, ce qui est bon signe. Mais pour l'instant, cela ne me vient pas naturellement.

Allez, il faut que je travaille ce point...


Concours d'Alençon

Tous les gars du stand sont à Chinon ce week-end. Sauf moi. J'ai passé le samedi matin à Alençon pour un challenge poudre noire, Armes anciennes. Cela me permet aussi de découvrir d'autres horizons, d'autres tireurs. 

L'arrivée c'est très mal passé : impossible de trouver le club. J'avais peu dormi et j'avais dû préparer le matériel le matin même. Du coup, j'ai oublié le plan papier et ma discussion avec mon GPS a donc tourné court. Je déconseille les renseignements téléphoniques qui ne sont là que pour piquer de l'argent dans une rare incompétence en ce qui concerne le service : adresses erronées, absence dans les bases de données de rues existantes, incapacité à effectuer une recherche en dehors de leur base (il ne connaissent pas de moteur de recherche web)...

J'ai fini par trouver, grâce à un appel à la famille et à la rencontre avec un vieux monsieur gentil tout plein. Mais, je suis arrivé trop tard, après le début de la série à laquelle je me suis inscrit. 

Une femme m'a accueilli, et m'a présenté le club, les lieux. Arbitre et tireur(e) très expérimentée (championne dans plusieurs catégories), Arlette m'a trouvé une place dans la série suivante. C'est étonnant de rencontrer des gens pour la première fois, sans les avoir jamais vu auparavant et de savoir en fait qui ils sont dans un contexte. Arlette fait partie des tireurs émérites et je sais que je la côtoierais encore.

Arrivant un peu énervé et surtout dépité, j'ai pu "redescendre", reprendre mon calme, à coté du feu de cheminée à l'accueil du club. 

A la place n° 6, j'ai dû me faire à l'idée de tirer sur deux cibles. Cela ne m'était pas encore arriver : deux C50 l'une sous l'autre. J'ai décidé de mettre 6 coups dans celle du haut, 7 dans l'autre ; de façon arbitraire, mais je ne crois pas que cela ait une quelconque importance.

Tous les tireurs souffrent du froid et l'attente sur le pas de tir est longue : je ne suis pas sûr qu'il fasse au-dessus de 0 °C.

Je fais 87 points. Je considère qu'il s'agit d'un score moyen. Je finis 6ème sur 17 tireurs. Là où je suis content, c'est sur l'organisation, tout a été fluide. Même si je suis le premier à finir la série (ce qui n'a absolument aucun intérêt), j'ai pris plus mon temps. Ma série manque de 10, mais j'ai le sentiment que c'est à porter de main. 

J'ai essayé de quitter le club dès que la série a été finie, après avoir salué les tireurs. Rien à faire : il a fallu participer à l'apéro. Franchement, il y a pire ! Surtout que les gens d'Alençon sont très chaleureux, mettant à l'aise, s'intéressant.

Avec un club de qualité, recelant ses champions d'hier et d'aujourd'hui. Dont trois tireurs d'expériences avec leur palmarès au France. Ils m'ont confirmé que Mariette était une catégorie difficile, ce que j'avais déjà entendu. Plus difficile que le pistolet. Mais cette fois, ils m'ont dit pourquoi.

"Sur le Kuchen, t'as qu'un canon !" me dit le plus ancien. Ils échangent alors des regards malicieux entre eux.  J'ai cru que le whisky commençait à se faire entendre. Mais, non. "Les revolvers, répliques ou pas, ont 6 chambres. Et c'est la chambre qui forme la balle. Il faut mesurer les 6 chambres pour savoir à quel point elles sont différentes les unes des autres. Quitte à ne plus tirer avec celle qui est trop différentes des autres". Je crois que je suis resté bouche bée.

Je ne m'étais jamais interrogé sur une différence d'alésage. Bien sûr, je sais que mon Pietta à 215 euros ne peut pas avoir la même qualité qu'un Artax ou un Pedersoli. Ce n'est pas une seule question de marque. Comme pour toutes les machines où l'usinage est primordiale, ce que l'on achète, c'est la précision de l'usinage. Donc, mon arme a nécessairement été usinée avec une tolérance plus importante qu'une réplique de haute qualité. Ce qui implique une différence entre deux perçages.

Maintenant, deux questions se posent :
          1- Quelle % d'écart d'alésage il y a entre les chambres du barillet ? Cela se mesure, c'est objectif.
        2- Quelle incidence cet écart a sur la régularité du tir ? C'est moins évident à mesurer.

Il faudrait se lancer dans une série de tests comparatifs avec tir sur appui. J'ai pas trop envie : ce que je souhaite, c'est maîtriser mon tir. Je laisserai aux experts techniques du club le soin de vérifier l'incidence d'une chambre au diamètre différent des autres. Pour ma part, si j'en trouve une (ou deux) je cesserai simplement de les utiliser.

Tout de même, multiplier les rencontres, c'est vraiment multiplier les sources d'informations, à partir du moment où les lieux sont adéquates et les personnes pertinentes.

En plus, le président du club a offert au nom du club un petit couteau aux deux nouveaux tireurs : trop sympa ! Merci encore. Et à l'année prochaine !



Sur le pas de tir

La participation aux concours me contraint à organiser mon poste de travail. C'est plutôt une bonne chose, je trouve, car plus les éléments périphériques au tir lui-même sont standardisés et automatisés, mieux je m'en trouverai dégagé et mieux je pourrais me consacrer aux bons gestes du tir.

L'un des pivots de cette organisation est que les pieds ne doivent pas bouger pendant toute la durée du concours (1/2 heure maximum). L'autre pivot est que la table est plutôt petite, genre 60 x 40 cm.

Et pourtant, il faut placer la lunette sur trépied, les doses de poudre, la boite à graisse et l'ustensile pour l'étaler, la boite d'amorce, la boite de balles, les doses de semoule, une petite zone libre pour les débris d'amorce et bien sûr faire en sorte qu'il reste de la place pour l'arme et sa manipulation en faisant en sorte que le canon pointe toujours et uniquement vers la cible. 

J'ai fini par trouver un plan de table en m'inspirant de ce que les autres tireurs font et en l'adaptant à ma main.

Je n'ai pas encore fabriqué une planche avec des logements pour accueillir les éprouvettes de poudre et de semoule ainsi que les balles. Ce sera un gain de temps à l'installation et ce sera plus propre.

C'est étonnant le nombre de paramètres, de matériels, de procédures qu'il faut mettre en place, découvrir,  maitriser avant de prétendre rivaliser avec les tireurs d'expérience. 

Le plus surprenant est que plus j'apprends, plus je découvre ou de nouveaux détails, ou au contraire des pans entiers jusque là insoupçonnés. A mon avis, le prochain, ce sera l'optique.

Mais, je trouve cela incroyablement motivant et c'est pour cela que j'y travaille...



Préparation des doses de poudre

Les joies du tir aux armes anciennes ou à leur réplique commencent bien avant le tir et même avant d'arriver au pas de tir. En fait, cela commence à la maison. Il faut préparer le matériel et le consommable : clé à cheminées, tournevis, cheminée, lime ; amorces, balles, graisse,  plus tout un tas d'autre objets qui font que chaque tireur poudre noire vient au stand avec une demi tonne de matériel.

Et bien sûr, les doses de poudre noire. 

Étant acquis qu'il est interdit d'apporter un baril de poudre ou une poire à poudre sur le pas de tir, il est nécessaire de préparer des doses de poudre correspondant à la charge d'une chambre de barillet. 

Globalement, tout le monde procède de la même manière : en se débrouillant. 

Il n'existe aucune recette miracle dans ce domaine même si chaque tireur use plus ou moins des mêmes ruses pour que ses doses soient (à peu près) identiques.

Pour les robots :

La poudre est constituée de grains réguliers. Une méthode infaillible consiste à compter les grains pour chaque dose. Si vous êtes un robot, cela doit marcher. Pour les humains, il faut trouver autre chose. 

Une solution est une douille dont on lime la hauteur afin que le volume de ce contenant corresponde à la masse de poudre que l'on cherche à préparer. Il existe des balances précises, sinon, encore une fois, la méthode empirique fonctionne pas mal. Je me souviens avoir étalonné le volume nécessaire en remplissent une chambre de barillet : je m'étais posé comme contrainte d'avoir le même volume de poudre que de semoule afin de ne bricoler qu'une seule dosette. 

« Change rien ! » comme crie Jean-Claude :

Et cela correspond pour un .36 à 0,9 gramme de poudre environ. Ensuite, puisque les résultats sont au rendez-vous, je n'ai jamais modifier cette charge. La vraie difficulté est de préparer toujours la même dose, 40 fois de suite, avant chaque séance de tir.

J'ai acheté des petites éprouvettes en plastique avec un couvercle qui fait "pop" quand on l'ouvre. Je verse une bonne quantité de poudre noire dans une récipient. Grâce à la dosette (douille au bout d'une tige) que je remplis puis que je tasse légèrement, je prépare mes 40 éprouvettes. 

Et je vous jure qu'en fait, ça peut être détendant...



La poudre noire, c'est salissant.

Non brûlée, ça noircie tout ce que ça touche : doigts, vêtements, sol quand ça tombe dessus. Une fois brûlée... Avec la graisse, le mélange s'appelle du cambouis, rien de moins. Bonjour, la galère.

La première fois qu’Étienne m'a expliqué comment on nettoyait une arme poudre noire j'ai cru qu'il me mettait en boite : jeter l'arme dans de l'eau chaude avec de la lessive, laisser tremper et sécher, puis huiler. Au besoin, frotter avec une brosse à dent, un coup d'écouvillon nylon dans le canon et voilà.

En fait, c'est ça.

Je le sais, il m'arrive de le faire 3 fois par semaine.

Dans le détail, c'est un peu plus ... astreignant encore. Pour un nettoyage normal, j'en ai pour 1/2 heure, pour un nettoyage avec démontage des pièces internes, pour pas loin d'une heure.

Remington 1858, cal. 36, démontage complet.
Aujourd’hui, après avoir ôté les plaquettes, le levier de chargement, le barillet et son axe, le pontet, je plonge la carcasse et les autres pièces métalliques dans de l'eau chaude additionnée de produit vaisselle.

Pendant que monte une odeur d’œuf pourri, je brosse à la brosse à dent les cheminées encore en place sur le barillet, puis je les démonte. Je brosse la carcasse, en insistant sur le tonnerre et le filetage du canon, les différents endroits difficilement atteignables.

Je passe l'écouvillon nylon dans le canon et dans les chambres du barillet sans oublier le logement taraudé des cheminées.

Un coup rapide sur l'axe du barillet et sur le levier de chargement. Je fais jouer le chien pour faire sortir un peu du cambouis pris entre les pièces mobiles toujours en place à l'intérieur de la carcasse.

Je laisse encore tremper pendant que je m'occupe des cheminées : brossées, en insistant sur le filetage.



Je ressort toutes les pièces de l'eau de lavage et je les rince rapidement sous l'eau très chaude. Depuis quelques temps, lassé de tout passer au papier pour le séchage, je passe toutes les pièces au four à 60 °C pendant 15 mn. Un compresseur me serait utile.

Ensuite, inspection de l'âme du canon : en cas de besoin, je passe un coup d'écouvillon laiton avec de l'huile.

Huilage complet des pièces avant remontage, puis j’ôte l'excès d'huile avec l'écouvillon laine et un chiffon doux.

C'est clair, si on persiste, c'est que l'on aime ça !

Environ tous les mois, je démonte toutes les pièces mobiles : queue de détente, le ressort bi lame, le doigt élévateur, le chien, le grand ressort du chien, l'arrêtoir de barillet. Et là, nettoyage pour tout le monde. Puis huilage.

Ce qui me satisfait lorsque le remontage est terminé, c'est le son que produit l'arme quand je fais tourner le barillet très vite. Je pense irrésistiblement à Tuco dans "le Bon, la Brute et le Truand", lorsqu'il se compose une arme chez l'armurier.

La poudre noire, c'est salissant et c'est beaucoup de travail... Mais, j'aime bien.


Les outils ? à leur place !

J’ai maintenant une lunette pour visualiser les impacts sur la cible, donc plus besoin d’embêter les gars sur le pas de tir pour aller voir les points.

C’est un cadeau de noël d’Étienne et j’en suis bien content : grossissement x 20 par 60. C’est très bien pour le 25 m, en cal. 36 qui plus est.

Cela demande un peu d’habitude et puis rapidement, on ne peut plus s’en passer. A tel point, que je me suis fait violence pour arrêter de regarder de façon systématique des impacts se voyant bien à l’œil nu.

Une fois encore : matériel, matériel, quand tu nous tiens.


Score et cible

Points :

lors du comptage des points, on procède dans la même idée que pour les fléchettes. La cible est constituée de cercles concentriques numérotées de 1 à 10, le 10 étant au centre et possédant une sous zone, la mouche. Les zones sont séparées par des traits appelés "cordon". Les zones sont blanches de 1 à 6 points, noires de 7 à 10.

Cibles :

pour ma discipline, les cibles sont des C 50, soit un carré de carton de 50 cm de coté. La distance est de 25 m.

Comptage des points :

Chaque impact est doté du nombre de points de la zone dans la quelle il est. Si un impact touche un cordon (il est entre deux zones) alors il est doté des points de la zone qu'il touche le plus (plus de la moitié du diamètre de l'impact).

En concours, 13 coups sont tirés, les 3 moins bons sont éliminés du comptage, les 10 meilleurs sont totalisés.

 Le score maximal est donc de 100 et les scores sont donc sur 100.

C'est pas de ma faute ?!

Après plusieurs séances décevantes, j’ai effectué ma première série sans lunette de protection (ce qui est une faute grave, mais bon, je ne recommencerais pas). J'ai simplement oublier de les chausser. Et du coup, comme j’ai sorti un score de 90, j’ai cru que mes lunettes de protection m'handicapaient les fois précédentes, ce qui est perturbant quand on tient à la sécurité (et accessoirement à ses yeux).

Heureusement, la deuxième série est montée à 91 et avec les lunettes cette fois.

Alors lunettes ou pas lunettes ? Lunettes évidemment car je ne me risquerai à prétendre à des bons scores au péril de mes yeux ! J’ai quand même des priorités.

Mais, cela prouve bien que l’essentiel, ce n’est pas l’équipement mais le tireur et que le tireur doit avoir confiance dans ses bons gestes. Comme dit ma grand mère, le mauvais ouvrier a toujours de mauvais outils.

Ce n’est pas si simple d’être responsable de ses actes, mais on y travaille…

 

Reprise

Les scores sont enfin revenus à la « normale », au niveau : 90 et 91 pour la séance de l’après midi.
 
Par rapport aux scores comparables obtenus l’été dernier, un point important n’apparaît pas à la lecture de la cible : la prise de visée est maintenant conforme, en bas du visuel. Grâce à une diminution de la hauteur du guidon effectuée la semaine dernière.

Je remercie vivement Vincent pour ses conseils dans ce domaine et mon père qui a fait tout le boulot. Ajusteur, c'est quand même un métier.

D’autre part, le guidon n’était pas dans l’axe du canon : la solution a été de le désépaissir sur l’avant gauche et l’arrière droit, de manière à ce qu’il soit toujours dans le milieu du V de la « hausse ». J’ai la chance que ce Pietta soit bon dans l’alignement guidon-hausse-canon et qu’il tire dans l’axe de la cible sans contre visée. J‘avais déjà retouché à la lime le guidon et il n’a du coup jamais été bronzé.

Malheureusement, cet aspect blanc brillant, cette fois, est gênant la prise de visée qui n’est plus dans le noir entre le 8 et le 9, mais en bas du visuel, dans le blanc. Je ne sais pas comment le noircir car on a été contraint de poser une goutte d’étain sur le métal, la lime ayant attaqué trop fort sur un premier essai de diminution (Ah, la méchante lime…).

Est-ce que l’étain peut se bronzer ? Dois-je le peindre ?

Je ne sais pas trop, du coup je préfère laisser comme cela, le temps qu’un avis compétent se fasse entendre. Et c’est aussi à moi d’aller au renseignement plutôt que de jeter des bouteilles à la mer au risque de se faire répondre en finlandais ou en swahili.

La timidité, c’est quand même pénible. On y travaille, on y travaille…